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Route départementale de Bois-Court, un désherbage qui fâche...

Plusieurs particuliers résidant aux abords de la RD 70 reliant la mairie annexe du 23ème kilomètre au site de l'horloge de Bois-Court manifestent leur colère et se plaignent depuis plusieurs jours. En cause, l'entretien de parcelles de gazon habituellement débroussaillées à l'aide d'un désherbant puissant. Qui est responsable de l'entretien pour le moins chimique de ces espaces verts ? Zinfos a mené son enquête.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 27 mai 2010 à 17H25

Plusieurs riverains de la Route départementale 70 reliant le village de Bois-Court à la mairie annexe de la Plaine des Cafres ne décolèrent pas après qu'une entreprise privée ait répandu du désherbant sur les abords de cet axe de communication. Empruntée récemment par la ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard et quotidiennement par des centaines de touristes et d'habitants, cette portion de route présente désormais des "espaces verts" qui n'en sont plus vraiment.

"On a empoisonné l'environnement, c'est inadmissible..."

"Il se trouve, photos à l'appui, que l'ensemble des côtés de la route départementale ont été passés au désherbant, ce qui fait un total de près de sept kilomètres passés au désherbant et ce, sur une largeur en moyenne d'1,50m. (...) Sans compter le fait que l'on a empoisonné l'environnement, c'est inadmissible surtout lorsque l'on nous bassine à tout bout de champs avec le développement durable", dénonce Charly Menot, un des riverains de la zone. Il explique que l'entretien de cette route, gérée par l'Unité territoriale de la Réunion, était jusqu'à maintenant réalisé par le biais de débroussailleuses.

 

Des propos que confirme Anne, une habitante de la Plaine des Cafres et riveraine de cette route depuis maintenant trois ans : "Ça fait 10 ans que je monte régulièrement à la Plaine des Cafres et cela fait plus de trois ans que j'y habite. Je n'ai jamais vu les bords de cette route comme cela. J'ai toujours vu des hommes avec des débroussailleuses qui s'occupaient de cette route. Ça a toujours été comme cela. Je m'interroge. Pourquoi dans la semaine qui précédait l'arrivée de Marie-Luce Penchard. C'est vraiment quelque chose qui me fait mal à la tête."

Le responsable de l'unité territoriale Sud réagit

De notre côté, nous avons contacté l'ensemble des collectivités concernées de près ou de loin par cette affaire pour le moins grotesque. Une employée des services techniques de la mairie annexe du 23ème kilomètre nous indique que les services sont bien au courant de ce désherbage, mais qu'aucun produit de ce type n'est utilisé à l'échelle communale.

Même son de cloche pour Bernard Payet, le responsable du service environnement de la municipalité du Tampon. "Nous nous sommes bien rendus compte de ces bandes de gazon mort sur les bas côtés de la route de Bois-Court et nous avons été très surpris. Nous ne sommes en rien responsables de cet état de fait car il faut savoir, d'une part, que nous n'utilisons aucun désherbant à l'échelle communale si ce n'est au niveau des pépinières. D'autre part, ce n'est pas notre collectivité qui a en charge la coupe du gazon et l'entretien de cette route départementale".

 

Nous contactons alors le siège social de l'UTR Sud basé à Saint-Louis et obtenons facilement le responsable de l'antenne Sud, monsieur Bénard. Celui-ci nous confirme ce désagrément environnemental et écologique tout en indiquant que c'est une entreprise privée, titulaire du marché depuis le début de l'année, qui est à l'origine de ce désherbage "sauvage". Une entreprise privée qui restera anonyme puisque nous n'avons pas obtenu son identité.

"Nous avons effectivement constaté ce désherbage en grande quantité. Chez nous, c'est un privé qui s'occupe de ces abords de la route départementale de Bois-Court. Nous lui avons manifesté notre mécontentement et indiqué que ce n'était pas une façon de faire. Contrairement à ce qui est dit, ce désherbage a été réalisé il y a un mois de cela. En plus, c'est vraiment moche visuellement. Nous avons pris les mesures nécessaires pour que cet incident ne se reproduise plus à l'avenir", se défend le responsable de l'UTR Sud.

S'il est clair que la responsabilité de l'UTR est engagée, il n'en demeure pas moins que cette entreprise privée méconnaît totalement les méthodes de désherbage à la main réalisée par nombre de collectivités locales et ce, sans aucune prise de conscience. Mais les riverains mécontents ont prévenu. Ils ne laisseront plus passer ce type d'incident une seconde fois.

 

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