Pour la FCPE, "les allocations familiales ne sont pas destinées à récompenser les bons parents"

L'installation du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, hier, était un signe fort de Nicolas Sarkozy. Le président est de retour en banlieue. Dans son discours, il s'est engagé à "harceler les délinquants" et "éradiquer les trafics". La sécurité, la lutte contre la délinquance... Voilà des sujets remis au goût du jour au lendemain d'élections régionales difficiles... Le président ne tenterait-il pas de reconquérir le cœur de son électorat?
L'occasion de remettre sur la table le dossier de l'absentéisme scolaire. Le président est donc revenu à la charge avec une proposition de loi UMP, qui sera déposée la semaine prochaine, permettant à l'inspecteur d'académie de suspendre le versement des allocations familiales en cas d'absentéisme d'un élève.
Quatre jours et demi d'absence, fini les allocations
Concrètement, le directeur de l'établissement scolaire signalera à l'inspecteur d'académie les absences de plus de quatre jours et demi en un mois. L'inspecteur convoquera alors les parents et leur adressera un avertissement. Si l'absentéisme se prolonge -nouvelle absence de quatre jours et demi en un mois -, l'inspecteur demandera à la caisse d'allocations familiales de suspendre le versement des prestations.
Au niveau local, comme au niveau national, on crie au scandale. "Les allocations familiales sont destinées à compenser les charges liées à la présence d’enfants, et non à récompenser les bons parents. Priver des familles de ressources, risque d’aggraver leurs difficultés", explique le représentant local de la FCPE, l'une des plus importantes associations de parents d'élèves de France, Jean Odel Oumana.
Depuis plusieurs années, un arsenal de mesures afin de lutter contre l'absentéisme scolaire a été créé : loi du 2 janvier 2004, loi du 31 mars 2006 relative à l’égalité des chances, loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance, et loi du 5 mars 2007 sur la protection de l’enfance.
Qui dit absentéisme, ne dit pas forcément délinquance
En 2009, le Ministre de l’éducation nationale et la secrétaire d’Etat à la Ville, mettaient en place des médiateurs de réussite scolaire pour participer à la prévention de l’absentéisme et au renforcement des liens entre les parents et l’école. Parmi leurs missions, figuraient celles d’organiser au sein des établissements des actions de soutien à la parentalité et d’appuyer la lutte contre l’absentéisme et le décrochage par la création d’un lien fort avec les familles dans et hors de l’établissement. "Mais cette mesure était-elle suffisante ?", s'interroge la FCPE.
L'association demande aujourd'hui que "ceux qui suppriment des postes dans l’Education cessent de se poser en redresseurs de torts". Elle regrette l'amalgame qui est fait entre absentéisme et délinquance.
"La première responsable de l’absentéisme scolaire est l’institution elle-même car elle ne remplace pas les enseignants. Elle oriente les élèves sans tenir compte de leurs choix et ne met en place aucune mesure pour éviter le décrochage", juge Jean Odel Oumana ajoutant que "le gouvernement choisit de jouer le rôle du père fouettard. La FCPE constate que dans un contexte de restriction budgétaire, le gouvernement choisit des mesures qui ne lui coûtent rien".


