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L'ancien directeur de la Sodegis poursuivi pour discrimination syndicale et harcèlement moral

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 22 novembre 2019 à 07H20

Philippe Aservadompoullé, ancien directeur de la Sodegis, ne s’est pas présenté devant le tribunal correctionnel de St-Pierre, mis en cause pour discrimination syndicale et harcèlement moral. 

Frédéric Bénard, le plaignant, employé chez le bailleur social depuis 2011, calme, précis, sûr de son bon droit, a pu s’exprimer devant la justice ce jeudi matin par une décision en appel de la chambre de l'instruction. Mis en examen en 2017, Philippe Aservadompoullé avait bénéficié d’un non-lieu. 

Les relations de l'employé avec la direction se sont tendues, comme pour d’autres responsables syndicaux de la CFDT, à partir du moment où il est devenu représentant du syndicat dans la société d’économie mixte en 2013.  Deux camps semblent diviser au sein de la Sodegis. Ceux qui ne trouvent rien à redire de la gestion du directeur Philippe Aservadompoullé et ceux qui osent poser les questions qui dérangent. Un rapport de l’Ancols, publié en août dernier, épingle par ailleurs la gouvernance "défaillante" de la SEM sur la période de 2014 à 2017. Une enquête préliminaire est ouverte depuis. 

Sur le plan social, des représentants syndicats décrivant pressions et propos vexants intentent des actions aux prud’hommes. Remportant son procès, une des colistières Frédéric Bénard a notamment été dédommagée de 130 000 euros. Lui s'est tourné vers le pénal. Trois faits ont été retenus. 

Des "instants d’humeur"

Le 13 décembre 2013, en réunion du conseil d’administration, le représentant syndical a interrogé la direction sur la mise en place d’un 14e mois. Une question qui aurait énervé le directeur. Face aux salariés et leur famille, durant le repas de Noël qui a suivi, ce dernier a tenu un discours aux "propos violents et choquants" pour certains témoins présents, allant jusqu’à "menacer ceux qui se dresseraient sur son chemin".

Philippe Aservadompoullé, via une lettre adressée à tous les salariés, a ensuite fait part de son sentiment au sujet de ceux qui se pensent dotés de "super-pouvoirs qu’ils crèvent d’envie d’exhiber à la foule". Une lettre "appelant à la curée contre Frédéric Bénard", a estimé son conseil Me Rémi Boniface.

Le dernier fait porte également sur une lettre envoyée cette fois-ci par le responsable des ressources humaines sur une intervention de Frédéric Bénard dans le cadre de sa représentation syndicale. Une lettre pointant le comportement du syndicaliste qui aurait été commanditée par le directeur. Des écrits de "menaces à peine voilées", a noté la vice-procureur Marie Simbille. 10 mois de sursis simple et 5 000 euros d’amende ont été requis. 

En réparation, 30 000 euros de dommages et intérêts ont été demandés par la partie civile. 

Me François Avril, pour la défense de Philippe Aservadompoullé, absent pour raisons de santé, a reconnu des "instants d’humeur", une "réaction épidermique" face à un Frédéric Bénard qui serait "parano" et aurait "voulu casser le DG". Quant à la lettre des ressources humaines, "elle ne peut être imputable à Mr Aservadompoulé", a plaidé le conseil qui a demandé à ce que les témoignages des anciens syndicalistes pointant le comportement de leur collègue soient pris en compte.

Le verdict est attendu pour le 30 janvier prochain. 

 

 

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