Cour d'appel : Un gynécologue s’acharne sur une sage-femme qui finit par quitter La Réunion

Une sage-femme a eu le malheur d’ouvrir un cabinet à Saint-Louis. C’est en 2015 que la jeune femme se lance, n’imaginant pas que cela puisse importuner qui que ce soit. Jusqu’à ce que ce Jacques R. , gynécologue-obstétricien, ne commence à s’intéresser à elle. Car Saint-Louis, c’est son territoire et il ne compte pas partager ses patientes.
Les courriers commencent à arriver. Il affirme être membre de la Franc-maçonnerie et avec des amis haut placés à la CGSS qui pourraient la faire couler. Parmi les menaces : "Vous avez trois enfants et ça serait dommage qu’ils soient privés de leur mère". Il portera également plainte auprès de l’ordre des médecins. Or, le cabinet de la jeune femme a été approuvé par l’ordre des sages-femmes ainsi que par la CGSS. La frustration monte alors face à cette "gamine" alors que lui est médecin. La sage-femme porte alors plainte avant de quitter l'île. Les propos de l’ancien médecin militaire seront maintenus devant la police. Décidément, il n’y voit pas le mal.
Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre ne sera pas du même avis. Il est condamné l’année dernière à 6 mois de prison avec sursis, 5.000 euros de réparation du préjudice moral et 5.000 euros pour les frais d’avocat de la victime. Il décide alors de faire appel.
Ce jeudi devant la cour d’appel, Jacques R., reste pourtant muet. Ce sont ses deux avocats qui prendront la parole. Mais sa personnalité rend sa défense difficile. Même son conseil le reconnaît : cet homme "désagréable" et "vilain" est "plus qu’antipathique". "Mais nous sommes ici pour faire du droit", ajoute-t-il avant d’attaquer des irrégularités de procédure.
L’avocat général a quant à lui dénoncé un comportement de "mafieux" "misogyne". "Et puisque vous dites que vous avez plein d’argent", il a requis une amende de 30.000 euros. La décision de la cour d'appel sera rendue le 30 janvier prochain.


