Rétrospective 2018 : Les casseroles de Nassimah, Didier, Gilbert, Ibrahim et les autres...

Huguette Bello et Éricka Bareigts : les Batman et Robin peï
L’année a commencé fort avec nos deux députées. Le samedi 3 mars, les deux élues pénètrent de force dans les locaux de ce qui aurait dû devenir la médiathèque de Saint-Paul, accompagnée du collectif Cimendef. Le ton est monté quand le petit groupe s’est retrouvé face aux vigiles leurs interdisant l’accès au premier étage.
Dénonçant des actes de violence, La Région Réunion a engagé une action en justice. Mais les deux députées seront relaxées par le tribunal correctionnel de Champ-Fleuri le 14 septembre.
La Villa de Nassimah
L’affaire avait été révélée par le JIR avant que le Parquet national financier ne s’en empare et ouvre une enquête.
Le 28 avril, la sénatrice a donc vu les gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis perquisitionner sa grande maison du Bas de la Rivière.
Le PNF s’interroge sur le permis de construire de la villa ainsi que sur les conditions de réalisation des nombreux travaux qui ont suivi.
Des investigations révèlent que le chantier aurait été dirigé par des "entrepreneurs fantômes".
Gilbert Annette et la police : l’amour vache
"Zot i conné comme moin, la nuit, la police y bouge pas… sauf si na un crime. Si na point le sang, i bouge pas…" Voilà comment le maire de Saint-Denis justifie le recrutement de médiateurs de nuit durant l’un de ses "live dionysien" diffusé en direct sur Facebook, le 4 avril dernier.
Des médiateurs qui feront d’ailleurs parler d’eux quelques semaines plus tard puisque au moins deux d’entre eux seront condamnés à de la prison ferme.
Les syndicats de police ont immédiatement réagi pour condamner ces propos et ont demandé des excuses au maire de Saint-Denis.
"Il faut remettre les propos dans leur contexte. Cette formule caractérise la faiblesse des effectifs de la police. Je crois que certains syndicats sont en campagne. Je ne vais pas tomber dans le piège des élections professionnelles. Aujourd'hui, nous sommes dans un bon contexte. Si ces policiers avaient été dans la soirée, ils auraient très bien compris", a ensuite répondu Gilbert Annette.
La dégringolade de Thierry Robert
Elle lui pendait au nez, elle est finalement tombée le 6 juillet dernier: le conseil constitutionnel a rendu sa décision destituant Thierry Robert de son mandat de député.
Il est également déclaré inéligible pour une durée de trois ans.
Un véritable coup de tonnerre sur la scène politique locale. Il était alors le seul député de France à n’avoir pas reçu d’attestation de conformité fiscale.
Comme l’indiquait alors le JIR, la dette de Thierry Robert au fisc se situait alors entre 20 000 et 200 000 euros.
Le PNF à La Réunion
Parce que les délinquants en cols blancs ne chôment pas sur notre île , c’est la cheffe du Parquet National Financier en personne qui a fait le voyage depuis Paris au mois de septembre.
Dans ses dossiers, de belles affaires, avec notamment la villa de Nassimah Dindar évoquée plus tôt; la construction de l’hôtel Le Superbe, mais surtout l’attribution des marchés du chantier de la Nouvelle Route du Littoral.
Eliane Houlette, procureure du parquet national financier, a confirmé que le volume de dossiers à traiter pour un territoire de la taille de La Réunion est important, si l’on le compare avec d’autres régions de France.
Les magouilles d’Ibrahim Patel à la CCI
Lundi 29 octobre 2018, le réveil a été brutal pour le président de la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion.
Ibrahim Patel a été interpellé et placé en garde à vue, pendant que les locaux de la CCI étaient perquisitionnés en présence du procureur de la République.
Déféré devant le tribunal de Champ-Fleuri 48 heures plus tard, aux côtés de Hutson Andy et Younous Vally, le président de la CCI a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour fraude électorale, corruption active et recel.
Jean-Luc Poudroux : un compte un Suisse pas si bien caché
Fraichement élu député après la destitution de Thierry Robert, Jean Luc Poudroux a vite fait parler de lui.
C’est le journal Le Tangue qui a mis en lumière l’étrange lien entre le nom du député et un compte anonyme ouvert auprès de la banque HSBC en Suisse dans les années 1990.
Le groupe HSBC était alors impliqué dans un système international de fraude fiscale, révélée au grand jour par les "Swissleaks" en 2015.
Protégé par la prescription, Jean-Luc Poudroux ne craint aucune poursuite judiciaire, et n’hésite pas a admettre "une faute morale".
Selon lui, seuls quelques milliers d’euros se trouvaient sur ce compte, bien qu’aucun document prouvant ce montant n’ait été conservé.
Comme le révélait Zinfos974, la date d’ouverture de ce compte correspond également au moment ou Jean-Luc Poudroux avait été condamné pour des faits de corruption dans l’affaire de la billetterie unique.
Les salaires de Didier Robert
C’est l’affaire qui tombe pile au bon moment. La Réunion voit jaune depuis plus d’une semaine et les politiques ont disparu face à un mouvement social incontrôlable. Les gilets jaunes crient leur colère et demandent plus de transparence, ce à quoi Didier Robert répond en annonçant sa démission du poste de président de la société publique Réunion des Musées Régionaux. Un poste pour lequel le président de Région était rémunéré 6.800 euros nets par mois, comme le dévoile Le Quotidien.
Mais le journal n’en reste pas là : vendredi 7 décembre, le Quotidien explique qu’un chèque de plus de 111.000 euros devrait lui être versé, à titre rétroactif pour des salaires non perçus. Toujours selon le journal, Didier Robert aurait indiqué aux membres du conseil d’administration qu’il entendait reverser l’intégralité de ce chèque à une fondation pour le développement des actions culturelles. Une fondation qui n’existait donc pas encore.
Lors d’une conférence de presse à la pyramide inversée, Didier Robert a annoncé son intention de porter plainte contre l’auteur de l’article Frank Cellier, la directrice de publication du journal, ainsi que certains des médias qui ont repris les informations de l’article (Freedom et ImazPress), pour diffamation et incitation au meurtre.
Alors que l’artillerie lourde est sortie, Didier Robert fait de nouveau la une du Quotidien le 8 décembre, qui révèle cette fois l’ouverture d’une enquête pénale pour détournement de fonds publics et soupçons d’emplois fictifs.
Jean-Louis Lagourgue et les escarpins
Une enquête a été ouverte sur les mouvements financiers suspects entre la boutique de luxe de la femme du sénateur et l’une de ses clientes.
Le genre de cliente dont rêveraient tous les commerçants : elle y a dépensé plus de 80.000 euros dans des chaussures de marque entre 2014 et 2015.
Mais le journal soupçonne un renvoi d'ascenseur auprès de Jean-Louis Lagourgue, qui, en tant que vice-président de la Région, serait intervenu dans la vente d'un terrain pour la construction d'une station-service dont la cliente était la gérante.
Nassimah Dindar a le feu au SDIS
L’enquête sur les emplois présumés fictifs au SDIS 974 se termine en cette fin d’année 2018, avec l’audition de Nassimah Dindar en personne, le jeudi 27 décembre à la caserne Vérines.
Deux agents auraient été employés au domicile de Nassimah (la villa du Bas de la Rivière qui fait déjà l’objet d’une enquête), l’une comme femme de ménage et l’autre comme jardinier.
La sénatrice conteste les faits.


