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"Annick Girardin n'a pas répondu à l'urgence sociale" déplore le PS

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 5 décembre 2018 à 15H14

Le mouvement social des gilets jaunes qui a frappé La Réunion ces deux dernières semaines est la conséquence d'une société réunionnaise "qui n'est plus solidaire et qui ne réduit pas les inégalités". Le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste, Philippe Naillet, appelle à une nécessaire "transformation" économique et sociale du territoire. "Ce qui est en jeu, c'est notre vivre-ensemble", prévient-il.

Trois propositions ont été formulées par le PS pour sortir La Réunion de ce marasme. Premièrement, la transparence sur la formation des prix. "Chacun voit bien qu'à La Réunion, il y a un phénomène : dans certains domaines comme dans la grande distribution, l'automobile, les banques ou encore les pièces détachées, les acteurs économiques sont en situation de monopole", lance Philippe Naillet. "Je propose que certains de ces groupes viennent dans des forums citoyens pour expliquer aux Réunionnais comment les prix sont formés. La première chose dont nous avons besoin c'est de la transparence", poursuit-il.

Deuxième mesure prônée par le parti à la rose: accompagner l'économie marchande et notamment l'économie sociale et solidaire. Et faire de La Réunion un "territoire zéro chômeur longue durée". "Pourquoi ne pas investir l'argent alloué à la prise en charge d'un chômeur pour créer de l'activité dans des secteurs en plein boom comme l'économie circulaire, l'aide à la personne ou encore le numérique et aller ainsi vers des choses plus durables et inclusives ?" propose M.Naillet.

Enfin, dernière mesure soumise par le PS: la suppression pure et simple de l'amendement Virapoullé. "Nous pensons que notre économie insulaire a besoin sans arrêt d'adaptabilité à la réalité locale et à son environnement régional. Il faut arrêter de nous brider par une crainte de nous-même et par un manque de confiance en nous. On ne peut pas dire d'un côté que le modèle actuel n'est plus le bon et dans le même temps, de ne pouvoir rien faire à cause de cet amendement", dénonce-t-il.

Interrogé sur les annonces faites par la ministre Annick Girardin, Philippe Naillet reconnaît que "personne" ne possède de "baguette magique". En revanche, il estime que la ministre des Outre-Mer "n'a pas répondu à l'urgence sociale": "elle nous a écoutés mais ne nous a pas entendus comme sur la zone franche d'activité. Elle aurait dû annoncer une zone franche globale sur la toute l'île. De plus, elle aurait dû écouter nos parlementaires et nos élus qui n'ont eu de cesse depuis plusieurs mois de rappeler que la situation est dégradée et dangereuse pour la cohésion sociale à La Réunion", regrette-t-il.

Didier Robert "coupable d'avoir été l'élément déclencheur" du mouvement social 

En revanche, les critiques restent acerbes envers Didier Robert, "coupable" selon le PS local "d'avoir été l'élément déclencheur" de ce mouvement de contestation dans l'île, "en ne mesurant pas le degré de souffrance de la population". "Aujourd'hui, il essaie de rattraper les choses en annonçant une 'continuité territoriale' sur le fret ou les marchandises. Or, c'est avec notre argent qu'est déjà financée la continuité territoriale et ce sera la même chose pour ce dispositif. Il faut arrêter avec les subventions publiques qui ne traitent pas les problèmes à la source", tance le responsable socialiste.

Sur une possible réforme -voire la suppression pure et simple- de l'octroi de mer, Philippe Naillet appelle à la prudence. "Ce dispositif, qui rapporte plus de 400 millions d'euros de recettes au territoire chaque année, nous permet dans le même temps de bénéficier d'une TVA réduite à 8,5% contre près de 21% en métropole. Il ne faut pas balancer n'importe quoi sans trouver quoi compenser" la suppression de ce dispositif, conclut Philippe Naillet.

 

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