Et si la DEAL donnait l'exemple à Mayotte en matière de propreté?

Lorsque l'étranger arrive à Mayotte, il est frappé par le niveau de salubrité de Mayotte :
- sale en milieu urbain du Nord (Acoua, Koungou, Bandraboua, Mamoudzou et ses quartiers de M'Tsapéré et Passamainty) et de l'Est (Bandrelé, Dembeni) avec des détritus alimentaires divers, canettes et bouteilles en plastique jonchent les rues et ruelles, les eaux usées vont dans les canaux et caniveaux)
- propre en zone rurale Sud et Ouest, agricole et boisée. L'exemple de politiques de propreté urbaine des maires de Tsingoni et surtout de Sada est remarquable.
Si on peut féliciter les élus ces dernières semaines de mettre le paquet pour sensibiliser la population à la nécessité de rendre Mayotte propre (le développement du tourisme créateur de richesses et d'emplois passe d'abord par là!), on peut se poser quelques questions sur l'action de l'Etat et de ses services.
S'il est vrai que l'Etat se concentre sur Petite Terre (un article prochain abordera cette situation qui pose questions!), il est tout aussi évident que ses services installés sur Grande Terre ne font pas grand chose de visible pour que la population se sente soutenue.
Si vous passez à côté de tous les bâtiments abritant les services de l'Etat à Grande Terre, tant à Mamoudzou centre qu'à Kawéni (Zone d'Activités) ou Tsoungou (banlieue), l'état de saleté des abords extérieurs de ces sites est choquant.
Rien ne coûte aux fonctionnaires en poste de faire des opérations coups de poing autour de leur lieu de travail : mais rien n'est fait! Paresse? Complexe de supériorité? Manque d'initiatives? Un peu de tout à la fois...
La Direction de l'Environnement (sic), de l'Aménagement et du Logement est un exemple criant de "je m'en foutisme" d'Etat.
Un tel dépôt d'ordures, entre la route nationale et le quartier de M'Tsapéré, devant le siège de la DEAL ne semble pas choquer ces fonctionnaires...
Il est vrai que ces mêmes agents, travaillant au respect de l'Environnement, ne doivent pas voir beaucoup de ce qui se passe puisqu'ils se sentent en sécurité dans leurs bureaux climatisés dans ce qui ressemble plus à un camp militaire retranché qu'à un service ouvert vers les élus et les acteurs citoyens...
On peut les comprendre, mais peut-on accepter que devant l'accès à la Direction (panneau bleu au fond de la photo), on tolère un dépôt d'ordure jouxtant un plateau sportif et les locaux d'associations de femmes et d'accès au Droit et d'accueil de victimes?
Ces mêmes femmes qui vont faire leur lessive (photo ci-contre) dans une eau nauséabonde coulant à 50m de la DEAL. Ces lavandières pauvres, habitant dans des maisons de fortune, savent-elles que la DEAL pourrait solliciter la DRASS (ARS) afin d'avoir une action prophylactique dans cette eau? Probablement non!
Quand je faisais mes photos, un jeune homme est venu me voir pour me montrer au loin la place du nouveau marché (bitumée, clôturée mais non utilisée) : à 100m de la DEAL, un individu vidait le contenu de son véhicule sur un dépôt sauvage, contre la clôture du marché, en plein soleil. Et le commentaire du jeune homme m'a glacé le sang : "C'est bien que vous vous intéressiez à la saleté de notre ville. Mais dites aussi que ce sont aussi les blancs qui jettent, pas seulement les Mahorais!"
L'individu qui jettait ses ordures au mépris de tous était en effet chef d'entreprise muzungou (blanc installé à Mayotte).
Et si La DEAL balayait d'abord devant sa porte pour l'exemple?
Omar M'Déré
Correspondant



