Citalis : Comment peut-on être irresponsables à ce point ?

Différents quartiers de Saint-Denis sont agités de soubresauts depuis 48h, depuis que les habitants ont découvert les nouvelles lignes de bus concoctées par des cranes d'oeuf dans leurs bureaux climatisés, sans aucune concertation avec la population concernée.
Que l'on soit bien clair : on ne prend pas le bus par plaisir. Horaires imposés, promiscuité, arrêts se situant souvent loin de l'endroit où l'on veut se rendre et qui obligent à "bat à pied" pour rejoindre sa destination... Seules les personnes qui y sont obligées prennent le bus. Et il se trouve que ce sont la plupart du temps les plus défavorisées.
Est-ce pour cette raison qu'on les maltraite de la sorte? Je n'irai peut-être pas jusque là, mais nul doute qu'on leur aurait prêté une oreille plus attentive si elles avaient été un peu plus argentées. Tu es pauvre. T'as qu'un seul droit : celui de subir et de te taire...
Comment la flopée de directeurs et de sous-directeurs, avec à leur tête une vieille connaissance, Jacques Lowinsky, dont on avait presque fini par oublier qu'au milieu de ses nombreuses casquettes, en plus de celle de 1er adjoint de la mairie de Saint-Denis, on trouvait celle de PDG (oui, rien que ça !) de la Citalis, comment donc toutes ces personnes hautement instruites et grassement payées ont-elles pu imaginer une seule seconde qu'on pouvait bouleverser ainsi les habitudes de milliers de personnes, supprimer des arrêts, déplacer des lignes, sans que cette population ne réagisse?
Ce genre de projet se prépare des mois à l'avance et suppose la mise en place de réunions de concertation multiples avec la population. D'abord pour écouter ce qu'elle a à dire, car c'est elle qui utilise ce réseau et qui donc le connait le mieux. Ensuite pour expliquer et faire en sorte que les traumatismes engendrés par les modifications, si celles-ci sont absolument nécessaires, soient les moins graves possibles.
Les dirigeants de la mairie de Saint-Denis et ceux de Citalis ont voulu passer en force. Ils en payent le prix fort aujourd'hui...


