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23 pays de l'océan Indien s'unissent contre la pêche illicite

La Réunion accueille durant trois jours un atelier de travail de l'Association des pays riverains de l'océan Indien (IORA) sur la lutte contre la pêche illicite. Les travaux, qui se poursuivront en juillet en Indonésie, doivent aboutir à l'élaboration d'un document cadre qui devra être soumis au vote du conseil des ministres des 23 pays membres en octobre au Sri-Lanka.
Ecrit par Thierry Lauret – le vendredi 3 mai 2024 à 08H29
La délégation de l'IORA qui séjourne actuellement à La Réunion.

Zone privilégiée pour la pêche au thon (7% des prises officiellement déclarées dans le monde pour ce poisson prisé pour sa forte valeur ajoutée), l'océan Indien fait face à une forte pression sur ses stocks exercée par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

En intégrant comme état-membre en 2020, par le biais de La Réunion, l'Association des pays riverains de l'océan Indien (IORA, pour Indian ocean rim association), près de vingt ans après avoir rejoint l'IORA avec le statut de « partenaire de dialogue », La France entendait peser contre un modèle systémique d'appauvrissement des réserves halieutiques, mais aussi des populations côtières privées de ressources.

Signe de l'importance accordée au sujet, c'est Jean-Claude Brunet, l'ambassadeur de France basé à Paris pour la Coopération régionale dans l'océan Indien, qui préside depuis ce jeudi 2 mai le second atelier de travail organisé à La Réunion par l'IORA. Et comme souvent lorsque la France veut étendre son influence hors de se frontières, l'AFD a été mobilisée pour apporter son « support financier ».

« La flotte chinoise est bien connue pour sa pêche illégale systémique et ses abus flagrants sur les droits de l’Homme et du travail »

Pour mener cette mission délicate, la France s'est associée avec l'Indonésie, le pays qui gouverne actuellement l'association via le poste de secrétaire général, pour coorganiser les travaux d'élaboration d'une ligne directrice en matière de lutte contre la pêche illicite. Constituée de 23 états-membres, dont l'Australie, l'Inde, Singapour, les Comores, l'Indonésie, Oman, le Yémen, les Seychelles, le Mozambique ou l'Iran, l'IORA compte parmi ses « partenaires de dialogue » des nations comme le Japon et la Chine, dont la mauvaise réputation en matière de pratiques de pêche s'est largement répandue.

S'exprimant pour la Région, Wilfrid Bertile a adressé un message de bienvenue à l'ensemble des participants (de nombreuses chaises étaient restées vides) lors de l'ouverture ce jeudi matin de l'atelier de travail, en appuyant du regard vers l'Indonésie en rappelant que des Javanais avaient jadis peuplé notre île, laquelle s'était aussi approvisionnée en épices sur l'archipel des Moluques. Le conseiller de la majorité régionale a par ailleurs souligné l'apport de l'AFD au sein de l'IORA, via deux programmes liés au tourisme et à la protection des baleines.

Le secrétaire général de la Commission de l'océan Indien, Vêlayoudom Marimoutou, a pour sa part rappelé que le programme Ecofish porté par la COI jusque dans le lac Tanganyika (Tanzanie) avait déjà « des résultats positifs sur la pêche illicite, même si celle-ci est loin d'être éradiquée ».

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