Société

Risque requin : Les DCP dans le collimateur

Les commerçants de la zone balnéaire, parfois les professionnels de la mer eux-mêmes, reconnaissent que les dispositifs de concentration de poissons, plus connus sous leurs initiales DCP, sont à l'origine de la recrudescence supposée de requins aux abords du littoral réunionnais. Retour sur un dispositif qui se prend à son propre filet.


Un exemple de DCP (photo : IRD)
Un exemple de DCP (photo : IRD)
 
Un petit tour de table à l'issue de la réunion "risque requin" en mairie de Saint-Paul aura suffit pour cristalliser les doutes de plus en plus ciblés des professionnels de la mer sur le rôle joué par les DCP dans les attaques de requins qu'a connu l'île ces derniers mois.

Le système, qui a pour but de concentrer les poissons dans le voisinage d'un site précis en recréant une chaîne alimentaire, est constitué à la surface d'un flotteur auquel est relié une ligne de quelques dizaines à quelques centaines de mètres (voir plus bas). Un matériel immergé entre 3 et 12 milles des côtes et rapidement colonisé par les algues qui, elles-mêmes, crées les conditions d'une véritable chaîne alimentaire, allant du plus petit poisson au plus gros. Un moyen certain pour les pêcheurs de ne pas revenir bredouille.

Dans un travail de recherche effectué par Jean-Philippe Detolle en 1996, soit 10 ans après l'installation du premier DCP réunionnais, le chercheur en arrive aux conclusions suivantes. Les DCP "ont effectivement eu une grande importance dans le développement de la pêche artisanale réunionnaise : le nombre de pêcheurs et les quantités débarquées n’ont cessé d’augmenter depuis leur introduction". Face aux conséquences positives (augmentation du chiffre d'affaire des pêcheurs, diminution des temps de prospection et de la consommation de carburant, développement et modernisation de la flottille), des impacts négatifs sont également affichés.

Professionnalisation des pêcheurs

La baisse du prix du poisson caractérise le principal corollaire de la mise en place des dispositifs de concentration de poissons, un bon point pour le consommateur, beaucoup moins pour le pêcheur. S'en suivent des conséquences fâcheuses sur le plan économique, dont l'influence négative sur le tourisme de la pêche au gros (concurrencée par la technique avantageuse de la pêche à la dérive des DCP), mais aussi "des risques inconsidérés des pêcheurs en barque pour atteindre les DCP les plus éloignés".

Les bénéfices économiques des DCP, outre la chute du prix de vente du thon par exemple, tiennent dans la consommation de carburants. "Les techniques de pêche sous DCP (dérive et palangres) sont en principe moins consommatrices de carburant (environ trois fois moins) que la traîne traditionnelle, le régime moteur étant plus faible. Les DCP ont par contre entraîné des charges supplémentaires liées à l’investissement dans des bateaux plus gros. Au départ, il s’agissait de vedettes de tourisme, mais depuis quelques années apparaissent des bateaux de taille intermédiaire, de fabrication locale, ayant un coût de fonctionnement plus faible et étant mieux adaptés à la pêche sur DCP que les vedettes".

Même si le dispositif semble avoir fait ses preuves sur le plan économique en professionnalisant une filière jusque-là d'emprise côtière trop destructrice, les DCP ont peut-être trouvé dans la multiplication des attaques de requins de ces derniers mois les prémices de leur mauvaise influence sur le comportement des squales. En tout état de cause, aucune décision radicale ne sera prise avant l'avancée des travaux des trois ateliers décidés collégialement en mairie de Saint-Paul lundi 25 juillet.

Vers les récifs artificiels ?

Côté professionnels et pratiquants nautiques, le jugement est déjà plié. "Pour moi la multiplication des attaques est le fait de la mise en place des DCP au large", affirme Patrick, un commerçant d'un snack bar de Boucan, 26 ans d'expérience dans le coin et qui n'en revient toujours pas de l'attaque de requin mortelle sur un surfeur en face du Saint-Alexis il y a un mois. Aux Roches, un professionnel de la plongée dit à mots couverts que les DCP ont créé des îlots à manger mais ont aussi créé un désert autour d'eux.

La solution alternative des DCP pourrait venir du fait de privilégier le déploiement de récifs artificiels. Les premiers DCP ont été disposés en 1988 à la Réunion et sont aujourd'hui au nombre de 34 tout autour de l'île.

Crédit : Comité Régional de Pêches Maritimes et des Élevages Marins
Crédit : Comité Régional de Pêches Maritimes et des Élevages Marins
Jeudi 28 Juillet 2011 - 15:42
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par coin coin le 28/07/2011 15:57
Je ne pense que les DCP soit le fautif, mais plutôt tout les bouées qui sont positionné tout au long de la barrière de corail (bouées d'ancrage et bouées signalent le parc marin). Elles font le meme effet que les DCP mais son plus proche des coté.
Les DCP sont trop loin.

2.Posté par Fab le 28/07/2011 16:40
Question : Y-a-t-il eu installation de nouveaux DCP dans la zone récemment ? Si oui ça pourrait corroborer avec la multiplication des attaques et donc être un facteur aggravant mais si non, le problème doit être ailleurs.
En tout cas que les attaques soient concentrées sur une bande de quelques kilomètres de long me font penser qu'il y a forcément une cause locale (naturelle ou humaine) au phénomène.

3.Posté par noe le 28/07/2011 17:36
Espérons que nos touristes ne croient pas à ces salades et qu'ils viendront nombreux sur nos plages ...

Quelqu'un veut faire peur aux touristes pendant ces vacances et embêter les commerçants de travailler dans la sérénité ...

4.Posté par Vérité de La Palice le 28/07/2011 18:59
C'est sûr que s'il n'y a plus de poisson dans la mer, il n'y aura plus de requin ! Mais patience, d'après presque tous les spécialistes scientifiques, la mer sera un désert dans 20, 30 ou 50 ans. Vous pourrez alors surfer tranquille.

5.Posté par bruce le 28/07/2011 19:04
une video qui dechire!!!


(a déconseiller aux pisse-vinaigre du drapeau rouge et de la verbalisation)

6.Posté par Azy le 28/07/2011 21:00
si les attaques de requin se sont multipliees sur la cote ouest ces derniers temps oui se sont a cause des bouees de la reserve marine , etant moi meme pecheur je le confirme , cette zone est devenu le garde mangé de toute les especes , des banc de sardine de peche cavale de bonite et de thon sillonnes cette region du littoral et a leurs trousses les squales . et je resume que ces bouées font exactement le meme travail qu'' un DCP qui se trouve au large

7.Posté par Bouuuuhh ... bobo ... !! le 29/07/2011 09:51
@ post 1 et post 6...

Je suis entièrement de votre avis ... sur les bouées de la réserve, on y trouve pas mal de thons bananes (wahoo) et pas mal de shark quelques dizaines de mètres plus bas... qui attendent juste que le poisson se fasse fléché.. pour ensuite le récupérer..

Les seuls DCP restant dans l'ouest : 10 miles cap la houssey, 9 miles saint gilles , 8 miles hermitage (il reste qu'une bouée), et 10 milles grande ravine..
Donc je ne pense vraiment pas que ce soit le problème...

8.Posté par Bouuuuhh ... bobo ... !! le 29/07/2011 10:03
Et si s'était justement la réserve qui avait un effet pervers ...?

l'effet de la réserve est clairement ultra bénéfique...

comme le disait le post 6 , ont y retrouve une très grande concentration de toutes les espèces de poissons, ainsi que des tortues (repas préféré du requin) ..

N'étant plus péché, cette chaine alimentaire c'est beaucoup développée, les requins se retrouvent au sommet de la chaine..

Donc la réserve ne ferait-elle pas justement office de HYPER DCP entre le bord de mer et les bouées Jaunes ?

Au risque de choquer certains écolos.... ne faudrait-il pas peut être réguler le nombre de requin si après l'étude de marquage des squales on se rendait compte de leurs multiplications ?



9.Posté par polo974 le 29/07/2011 10:39
La chasse aux sorcières est lancée...

"[les] DCP sont à l'origine de la recrudescence supposée de requins aux abords du littoral réunionnais."

des trucs situés à 5km des plages, depuis 1986 (puisqu'en 1996, ça faisait 10ans que les premiers étaient posés) se mettraient soudain à attirer les requins à 200m des plages....

fouttage de gueule et absence de discernement ! ! !

et dire qu'il y a des gens pour relayer ce genre de conneries...

sans parler des contradictions de la pseudo-analyse:
"Les DCP ont par contre entraîné des charges supplémentaires ... .
Au départ, ..., mais depuis ... des bateaux ... ayant un coût de fonctionnement plus faible et étant mieux adaptés..."
ça coute moins cher donc ça augmente les charges ( ... de rhum du rédacteur).


10.Posté par sgeg le 29/07/2011 10:55
post 8 c'est un shéma assez vraissemblable...la réserve marine fait office de super dcp...et les espèces
de squales qui s'y sont installés ne partagent pas leur territoire...les attaques ne sont pas dans le but de manger mais dans celui de virer " l'intrus "...selon l'évolution de la situation , nous pourrions nous retrouver interdits de baignade dans le secteur...et la seule solution serait alors de procéder à une pêche régulatrice , qui est la chose la plus " écolo " qui soit justement !
contrairement à ce que prétendent ces fumeurs de beu zécololos et autres illuminés qui ne savent rien de la mer et ont découvert l'écologie depuis que c'est devenu une mode ou une opportunité de carrière politique pour un certain nombre de sinistres loosers et autres parasites globitrépannés !

11.Posté par LeMakiMaské le 30/07/2011 08:19
N'oublions pas que les comportements des requins ne sont pas homogènes entre les différentes espèces, et peut-être même selon les individus !!!

Ainsi c'est faire bien peu de cas des publications scientifiques à ce sujet (il faut simplifier au maximum pour la "mère Bello et sa clique d'Enilorac...), et comme d'habitude on persiste à considérer la "psychologie" de ces poissons comme identique à celle de l'être humain. (même phénomène qu'avec les chiens...)

Par ailleurs, les "professionnels" de la mer (mdr), qu'ils soient artisans ou industriels, feraient bien de CESSER de VIDANGER les DÉCHETS de leur prises de pêche à proximité des côtes... La règlementation précise une distance minimale des côtes pour l'immersion des déchets, mais là on "touche" un point bien trop sensible et on préfère -comme d'habitude- taire ces pratiques quotidiennes, comme celle de l’appâtage par "broumé" (une sorte de soupe de déchets et de sang déversée autour du bateau) !!!

Et pour FINIR : certains clubs de plongée sous-marine continuent de pratiquer ILLÉGALEMENT le NOURRISSAGE pour apporter des sensations fortes à leurs CLIENTS !!! Les PREUVES ? La multiplication des "attaques" frontales et directes, sans période d'observation des "proies" par ces requins.

12.Posté par Mimi le 09/08/2011 02:33
Euh... On peut arrêter les conneries là?!
On va pas tuer les requins! On pourrait d'abord essayer de mettre les bouées plus loin ou d'essayer de ralentir le développements des algues sur les bouées les plus proches, pour ralentir le développement des poissons et donc affaiblir l'intérêt des requins sur ces zones. L'objet final étant plutôt de les attirer sur les véritables DCP qui sont plus loin.

En Australie ou ailleurs, certains pays rencontrent ce type de problème: attaques de requins et à des échelles bien plus importante que chez nous, à la Réunion. Et je pense que pour l'instant ils n'en sont pas arrivés à la conclusion (plutôt très hâtivement dans le cas présent) de tuer les requins! Non mais franchement!

Et pourquoi pas vider la Savane Africaine de tous les lions, guépards et autre pour pouvoir admirer les éléphants et flamants roses en paix?


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