Revenir à la rubrique : Communiqué | Société

[Communiqué] Rapport d’enquête sur le Retour au péi

L'association "Réunionnais de retour au péi" a réalisé une enquête sur le retour des Réunionnais dans l'île afin d’apporter des données utiles aux acteurs institutionnels et travailler à la mise en place d’un dispositif d’accompagnement au retour.

Ecrit par N.P. – le samedi 18 mai 2024 à 07H45
Image d'illustration : Saint-Denis

POURQUOI UNE ENQUÊTE ?

Depuis ses débuts, l’association a mis en place des échanges avec des “Réunionnais de retour”, ce qui lui a permis d’avoir une bonne idée des problématiques vécues. Cependant, il lui manquait des données factuelles et objectives pour appuyer sa démarche, notamment auprès des institutions. L’enquête a pour objectif de mieux comprendre le phénomène du “retour au péi” et identifier les leviers d’action qui en découlent. Il s’agit en effet, d’orienter les actions de l’association à la lumière des enseignements tirés, mais aussi de plaider pour la mise en place d’un dispositif d’aide au retour, tel qu’il en existe au départ.

MÉTHODOLOGIE

Cette enquête a été réalisée par les bénévoles de l’association entre 2021 et 2023. L’association a fait appel à deux sociologues réunionnais, Lucette Labache et Laurent Médéa, qui lui ont apporté des conseils pour construire l’enquête afin de garantir sa rigueur méthodologique. Trois profils ont été établis : les Réunionnais en mobilité qui souhaitent rentrer, les Réunionnais en mobilité qui ne souhaitent pas rentrer, les Réunionnais de retour après un parcours de mobilité. Après 3 mois de diffusion en ligne, l’enquête a permis de collecter plus de 800 réponses. L’enquête aborde différents aspects du retour à La Réunion, notamment les raisons motivant le choix du retour ou non, les obstacles rencontrés, les attentes en termes d’aides financières et d’accompagnement. Par ailleurs, un volet de l’enquête se penche en détails sur la question de l’emploi au retour : salaire & niveau de l’emploi occupé, outils et moyens utilisés pour la recherche d’emploi, adéquation avec le domaine de formation et les expériences passées… Ces différentes thématiques permettent d’avoir une vision complète et objective des difficultés et enjeux liés au “retour au péi”.

QUI SONT LES RÉPONDANTS ?

La grande majorité des répondants a vécu plus de 15 ans sur l’île avant le départ en mobilité (88%). Cela coïncide avec la durée de la scolarité jusqu’au BAC. La plupart des répondants sont natifs de La Réunion (86%). La tranche d’âge la plus représentée est celle de 25 à 40 ans (62%). Les répondants ont le plus souvent une situation professionnelle stable (39% en CDI, 15% Fonctionnaires). Ce sont majoritairement des profils diplômés (41% diplômés BAC+5) et expérimentés (43% plus de 10 ans d’expérience professionnelle).

PARCOURS HORS DÉPARTEMENT

Pour la plupart des répondants, la période passée hors département est significative : 45% ont vécu plus de 10 ans à l’extérieur de La Réunion (ce qui correspond aux études supérieures et premières années d’expérience professionnelle). Les raisons principales du départ sont la poursuite des études (37%) et l’envie de découvrir de nouveaux horizons (24%)· Pendant la période hors département, près de la moitié des répondants (46%) sont revenus en vacances au moins une à deux fois par an, et 39% tous les deux ou trois ans, conservant ainsi un contact régulier avec La Réunion.

FREINS & MOTIVATIONS POUR LES RÉUNIONNAIS HORS DÉPARTEMENT

77% des répondants hors département souhaitent revenir à La Réunion. Ce retour est envisagé à court ou moyen terme : 11% envisagent de revenir dans moins de 6 mois, 14% dans 6 mois à 1 an, et 24% dans 1 à 2 ans. Les motivations principales de ce retour sont le rapprochement avec la famille (30%), le désir de renouer avec la culture réunionnaise (23%), le souhait de voir grandir ses enfants sur l’île (16%) et la volonté de contribuer au développement du territoire (15%).

Les principaux freins au retour sont liés à l’emploi (89%) : pas de postes dans son domaine d’activité, difficulté à trouver un emploi à distance, offres d’emploi peu attractives ou encore différentiel de salaire trop important par rapport à l’emploi occupé hors département.
La majorité des répondants ne souhaite pas rentrer sans projet professionnel précis (63%).
Parmi les répondants hors département, 23% ne souhaitent pas revenir à La Réunion, citant en premier lieu les conditions de vie liées à l’insularité et au manque d’infrastructures (21%).

FREINS & MOTIVATIONS POUR LES RÉUNIONNAIS QUI SONT RENTRÉS

Les principales raisons du retour à La Réunion sont le rapprochement avec la famille (31%), le désir de contribuer au développement du territoire (18%) et de renouer avec la culture réunionnaise (17%).

Ce “retour au péi” s’effectue généralement entre 25 et 40 ans (40%).

Le retour est le plus souvent vécu comme difficile (61%).

Les difficultés sont en premier lieu liées à l’emploi (28%). Sont également citées les difficultés liées à l’insularité et au manque d’infrastructures (18%), les difficultés matérielles et/ou financières (17%), la difficulté à se réadapter (14%).

Le “retour au péi” s’effectue généralement sans aides financières (82%).

Parmi les aides souhaitées, figurent en premier lieu, les aides financières au retour telles qu’il en existe au départ (prise en charge du billet d’avion, participation aux frais de déménagement). Les attentes portent également sur l’accompagnement professionnel et l’accompagnement à l’installation.

RETOUR AU PÉI & EMPLOI

Les répondants étaient principalement en recherche d’emploi lors de leur retour à La Réunion (64%). Tandis que certains étaient en création d’entreprise (9%).

Parmi les personnes en recherche d’emploi, 29,5% ont trouvé un emploi avant le retour, tandis que 70,5 % recherchent un emploi seulement une fois sur place.

42% trouvent un emploi dans les six mois suivant le retour.

Les moyens utilisés pour trouver un emploi sont : la réponse aux offres d’emploi (51%), les candidatures spontanées (25%), ou encore le réseau / bouche à oreille (23%).

La plupart du temps, l’emploi trouvé correspondant au domaine de formation (44%) ou aux expériences passées (44%).

Cet emploi est de niveau équivalent (34%) ou supérieur (12%) par rapport à l’emploi occupé hors département. Néanmoins, le salaire est souvent inférieur à celui d’avant le retour (45%).

Parmi les Réunionnais de retour en recherche de poste, il s’agit pour certains d’un premier emploi (20%), soulignant ainsi l’attention particulière à porter aux jeunes diplômés.

CONCLUSION

L’association « Réunionnais de retour au péi » se réjouit de présenter les résultats de cette enquête. Il s’agit d’une première étape essentielle dans la compréhension du phénomène du “retour au péi”. Cette enquête permet d’apporter des données utiles aux acteurs institutionnels, pour mettre en place des dispositifs adaptés à la réalité du retour. Dans cette optique, l’association travaille à la mise en place d’un dispositif d’accompagnement au retour, en lien avec les institutions (sous réserve de financements).

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Un mauvais sort s’acharne contre le JIR

A croire que quelqu’un a jeté un sort sur le JIR. Alors que ça fait une semaine que le journal du Chaudron n’est plus imprimé et n’est accessible qu’en version numérique, on pensait le conflit résolu après l’accord des deux parties pour la signature d’un protocole. Le journal aurait donc dû être imprimé hier soir et mis en distribution ce matin. C’était compter sans un dernier problème de dernière minute qui renvoie la sortie du journal en version « papier » au début de semaine prochaine.

27 nouveaux cas de choléra en une semaine à Mayotte, 142 morts aux Comores

Selon le dernier bulletin de Santé Publique France, le nombre total de cas de choléra recensés à Mayotte s’élève désormais à 193, avec l’apparition d’un nouveau foyer à Doujani comprenant 12 personnes malades. La situation s’avère encore plus dramatique sur l’archipel voisin des Comores où les autorités font état d’un bilan de 142 morts.