Courrier des lecteurs

Incident aux abords de la mosquée de Saint-Denis


On rapporte du saint prophète Mouhammad la parole suivante : "Dieu a dit ceci : (…) Quand le jour est venu pour l’un de vous de jeûner, qu’il s’abstienne de propos indécents, qu’il ne se dispute pas. Si quelqu’un l’injurie ou l’attaque, qu’il dise : Je jeûne".

C’est par cette parole prophétique que j’aimerais aujourd’hui faire entendre une voix dissonante. Suite à l’incident de vendredi aux abords de la mosquée de Saint-Denis, les réactions des différents représentants de la communauté sont unanimes, la police a fait un usage disproportionné de la force. Soit. Mais l’unanimité, à un certain niveau, a ceci de dangereux qu’elle peut s’ériger en dogme. Invariablement comme dans chaque affaire de ce genre, les paroles des différentes parties vont désormais s’affronter et la justice devra s’atteler à séparer le bon grain de l’ivraie. Mais sous quel prétexte fallacieux le citoyen fût-il musulman jeûneur sortant de la prière, doit-il automatiquement être absous de toute faute ou dispensé d’un comportement décent ?

A vouloir charger la barque de la police et à se focaliser sur les moyens utilisés, l’on en vient à oublier ce qui a provoqué l’étincelle. Libre au jeune frôlé par le fourgon de demander des excuses, mais la mauvaise "vanne", l’insulte ou la rébellion font-elles partie de l’éthique du musulman, jeûneur de surcroît ? La réponse laisse peu de place au doute. Passons sur cet incident et sur les débordements malheureux qui ont suivi. Qu’en coûterait-il à la communauté musulmane dionysienne de reconnaître aujourd’hui, que ce jeune, fils de bonne famille, a agi bien maladroitement et que la police mérite des excuses ? Une catharsis salvatrice peut-être ou l’aveu d’un certain échec de notre éducation spirituelle et celle de nos enfants. Bien loin du modèle prophétique, et même pendant le Ramadan, mois de recueillement par excellence, la colère, l’orgueil, le mensonge ou la mauvaise parole font encore bien des ravages.

Je ne puis trouver de meilleure conclusion que les paroles de l’illustre prophète de l’islam : "Secours ton frère, qu'il soit injuste ou victime d'une injustice. On lui a demandé : - D'accord ! Je l'assiste lorsqu'il est victime d'une injustice mais comment le faire triompher s'il est injuste ? Il dit : - Tu l'empêches d'être injuste. Voilà ta façon de le faire triompher."
Lundi 16 Août 2010 - 15:07
Y.A
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1.Posté par bertel le 16/08/2010 17:11

"Incident aux abords de la mosquée de Saint-Denis"

Excellent courrier !

Quelqu'un m'a devancé mais vous méritez amplement vos cinq étoiles !

Respectueusement !

Bertel de Vacoa

2.Posté par FOXI le 16/08/2010 17:28

"mais comment le faire triompher s'il est injuste ? Il dit : - Tu l'empêches d'être injuste. Voilà ta façon de le faire triompher."

Un bon coup de pied où je pense, çà aide à remettre les idées en place.

Cette affaire est une honte pour la communauté musulmane. On ne peut défendre l'indéfendable sous prétexte qu'il s'agit du fils de.....

J'estime qu'il fallait embarquer le sieur Dindar ( qui s'est opposé à l'interpellation d'Habdul-Hulk) et de même pour l'oncle, prêt à déplumer les poulets, art qu'il maîtrise et surtout le jeune comorien qui clamait "si i embarque à li, y fo embarque toute"..

Cette "émeute" me rappelle une autre vue dans le sentier à Paris quand "le beauf du président" était venu défendre un homme de sa communauté interpellé par la police alors qu'il était recherché pour une affaire criminelle.

Dans cette affaire, tant la mère ( pour ses propos sur la police), que le 'tit père ( "ici c'est pas le Chaudron"), que l'ensemble de la communauté musulmane vont "laisser des plumes": la détestation des zarabs, jusqu'à présent plutôt contenue, s'étale maintenant au grand jour".


3.Posté par Dionysien le 17/08/2010 14:15

Un courrier qui remet les choses dans le bon ordre .Bravo!

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