Rififi au temple tamoul de Saint-Paul

La vidéo d’une dizaine de secondes seulement a suffi pour créer des remous au sein de la communauté tamoule de Saint-Paul et même au-delà en raison de sa diffusion sur les réseaux sociaux.
Alors qu’elle assiste et filme la procession, une fidèle du temple Siva situé dans le centre ville de Saint-Paul est apostrophée par le président du temple qui la "prend par le bras" et la "pousse". Celui-ci ordonne à la fidèle de quitter les lieux sur le champ en lui disant qu’elle n’a rien à faire là.
Mise en ligne par celle qui a été expulsée, la vidéo a choqué des internautes lorsqu’ils ont en plus appris que l’auteure de la vidéo est une dame de 70 ans et "handicapée orthopédique", comme elle se présente.
A en croire les internautes, ni le lieu ni le moment, en plus venant d'un religieux, n’étaient appropriés pour une telle "humiliation", comme le qualifiera l’intéressée elle-même.
En commentaires, certains défendent la fidèle et d'autres l'application du règlement :

Contacté, le président du temple Siva Soupramanien situé rue Saint-Louis apporte sa version.
"En tant que président de l’association et avec les membres du conseil d’administration, on a la charge de la gestion de l’espace et donc comme dans toute manifestation, il y a des barrières qui sont mises pour que personne n’entre dans l’enceinte réservée aux pénitents. Ce jour-là on attendait entre 5 à 6000 personnes. Et il se trouve que cette dame s’est retrouvée dans l’enceinte. Alors que j’avais demandé au service d’ordre de mettre deux filtres et un parcours bien identifié, je me demande comment elle a pu malgré tout passer…", s’étonne Serge Ajaguin Soleyen alors que "tout le monde a respecté les consignes".
Le président du temple, qui est aussi vice-président de la Fédération tamoule, a néanmoins sa petite idée grâce à un témoignage. "Le jour du cavadee, il y avait un unique passage qui était mis en place et filtré à deux endroits dans le but de protéger les pénitents qui portent le cavadee et les aiguilles et surtout éviter les mouvements de foule", dit-il. "Si l'on en croit les réseaux sociaux, on a une partie de la réponse car une personne l'aurait aidée à décrocher son saree de la barrière fermée. C’est ce qui laisse penser qu'elle aurait forcé le passage", avance-t-il comme hypothèse. Une version que la fidèle ne souhaitera pas commenter lors d'un échange privé avec un administrateur du temple.
En réponse à la vigueur de son intervention envers cette dame handicapée, le président précise que, sur le moment, "nous on ne le sait pas". "Si je n’agis pas à ce moment-là, les autres fidèles vont se dire pourquoi cette dame bénéficie d’un passe-droit…", tente-t-il de renverser l’indignation des internautes.
De plus, le président certifie avoir rappelé "chaque soir, au micro", qu’il s’agissait d’un "endroit réservé". Mais voilà, souligne-t-il, la fidèle avec laquelle cet accro s’est produit, n’était justement pas présente les soirs des célébrations comme elle l’avouera elle-même à un autre administrateur du temple après l'incident.
A son tour offensif, Serge Ajaguin Soleyen ajoute que la fidèle a d’ailleurs "bravé une autre interdiction". Toujours si l’on en croit les photos postées en ligne, "aux environs de 15 heures ce dimanche, elle a pris en photo les divinités avant la procession", fait savoir le président. Là aussi il s’agit d’une pratique interdite. "C’était dimanche, au septième jour de la fête. Ça veut dire qu’elle se croit tout permis", ajoute le président du temple de Saint-Paul. Ses explications vont-elles faire tempérer les critiques qui ont pu être publiées sur les réseaux depuis 48 heures comme celle d'un membre d'une personnalité publique de la commune et membre du collectif des poussaris de La Réunion ?



