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Une femme victime d’attouchements dans une piscine municipale

Un homme comparaissait le 17 mai dernier devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour des faits d'agression sexuelle. Sur proposition du parquet, la victime a accepté de correctionnaliser cette affaire qui était, au départ, ouverte pour des faits criminels de viol. Il a été reconnu coupable ce vendredi et condamné à 6 mois de prison avec sursis.

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 25 mai 2024 à 07H14

Que s’est-il passé le 21 avril dernier à la piscine de La Source ? C’est en substance la question qui occupait les trois magistrats de l’audience de comparution immédiate de ce vendredi 17 mai. À la barre se présente Harry G., un homme de 62 ans. On lui reproche d’avoir procédé à des attouchements sur une femme qui faisait des longueurs à la piscine de la Source en même temps que lui. Lorsque les faits se produisent, la jeune femme explique : « Il était à côté de moi quand ça s’est passé. Il s’est approché au fur et à mesure. J’ai senti un coup soudain à l’entrejambe. Je me suis arrêtée, j’ai crié, je l’ai traité de c***ard. Je tremblais, j’étais en état de choc ». Elle explique ensuite qu’elle est allée voir le maitre-nageur pour lui relater ce qu’il venait de se passer, lequel lui aurait répondu : « C’est Harry, c’est un coutumier du fait« . Pour autant, le responsable de bassin ne parvient pas à faire sortir le sexagénaire pour qu’il s’explique. Il refuse vertement et continue à nager. Il faudra l’intervention de la BAC pour le tirer de l’eau.

Une plainte est déposée par la victime et le mis en cause finit en garde à vue. La victime faisant état de pénétration digitale, il lui est reproché des faits de viol dans un premier temps. Au final, l’affaire est correctionnalisée pour des faits d’agression sexuelle. Lors de la garde à vue et à la barre, le prévenu réfute fortement un quelconque contact avec la victime. Comme il l’affirme au tribunal : « Quand je nage, je ne sexualise pas la nage. Quand le maitre-nageur m’a arrêté, il m’a dit que je lui avais mis deux doigts, j’étais choqué, car je ne vois pas où et quand« . Le prévenu part ensuite dans une longue explication sur le fait qu’il change souvent de couloir pour pouvoir comptabiliser ses longueurs plus facilement, prétendant ensuite : « Je ne dis pas qu’elle n’est pas victime, mais je ne suis pas l’auteur des faits. Ça ressemble à une affabulation« . « Vous avez pourtant une réputation de mains baladeuses que vous attribue le chef de bassin« , rebondit aussitôt le parquet. « Ça ne fait pas de moi un violeur », répond le prévenu.

 

« C’était totalement intentionnel« 

 

Par respect pour la victime, nous passerons le long passage où le prévenu explique au tribunal les détails de sa phobie du vagin, celui-ci allant jusqu’à affirmer qu’il ne sait pas où il se situe. Tout cela, en raison d’un traumatisme de naissance, car il est né par les pieds. S’il reste sur cette ligne de défense, évoquant peut-être un coup non intentionnel, la victime est formelle : « Je ne vois pas comment je pourrais me tromper, c’était totalement intentionnel« . Pour la partie civile, « ce qui importe dans ce dossier, c’est que l’on n’oublie pas la victime qui est meurtrie« , et d’ajouter : « Elle ne pensait pas que le parcours d’une victime était aussi compliqué. Elle a eu le courage de déposer plainte. Elle n’a aucun doute sur le fait que ce soit lui, il essaie de noyer le poisson. Elle ressent un sentiment de souillure. Il a des précédents, c’est un élément majeur« , plaide la robe noire.

« Les faits sont contestés« , indique ensuite le parquet. « Ce n’est pas un dossier où il y a des caméras ou des témoins, il n’y a que les déclarations de la victime. C’est un dossier qui interroge dans un contexte de déclarations immédiates. La victime est constante sur les faits et des témoignages relatent des antécédents du prévenu. La version de monsieur n’est pas cohérente avec la réalité du contact qu’elle a subi. Les conséquences psycho-traumatiques ne sont pas feintes« , indique la procureure qui requiert 6 mois de prison avec sursis et une interdiction de paraitre à la piscine La Source pendant trois ans.

« Il a toujours soutenu qu’il n’a eu aucun contact avec la victime« , répond la défense. Pour la robe noire, « il n’est pas question pour autant de remettre en question ce qu’a vécu la victime. Pour autant, elle n’a aucune certitude dans ses souvenirs, il y a des imprécisions dans ses déclarations. Il n’y a pas d’éléments dans ce dossier pour retenir une agression sexuelle à l’encontre de mon client« . Et de conclure : « matériellement, il est peu aisé de réaliser les faits décrits dans une piscine« , plaide la défense qui demande la relaxe de son client.

Après délibération, le tribunal l’a condamné à 6 mois de prison avec sursis simple, une interdiction de paraître à la piscine de La Source pendant 3 ans et inscription au fichier des délinquants sexuels.

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