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Chronique judiciaire : Il fait le tour de l'île pour obtenir la garde de son fils et finit poursuivi pour harcèlement

Guillaume C., 36 ans, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour harcèlement envers la mère de son enfant. Après une séparation conflictuelle, il a fait le tour de l'île de la Réunion pour protester contre ce qu'il considérait comme une injustice. L'audience d'appel s'est tenue récemment, avec une décision finale attendue le 29 août.
Ecrit par Isabelle Serre – le dimanche 26 mai 2024 à 08H03

C’est à la suite d'une séparation conjugale conflictuelle que Guillaume C., 36 ans, a décidé de faire le tour de l’île de la Réunion parfois avec son fils, qui avait moins de trois ans à l’époque, sur le dos. On se souvient que ce maître-nageur de profession avait alerté la presse sur l’injustice qui, selon lui, l’avait frappée en plein cœur. Le père de famille avait voulu partir pour les vacances de l’hiver austral en métropole et y emmener son marmaille. Cependant, son retour était prévu après la rentrée scolaire et la mère s’était opposée à ce que son enfant rate son entrée à la maternelle.

De là serait né le conflit entre les parents, un conflit très médiatisé puisque les procédures judiciaires alors intentées ne lui ne lui ayant pas forcément donné raison, Guillaume C. était parti faire son chemin de croix intitulé "Sans mon enfant, je tourne en rond". A la même période, entre décembre 2018 et début mars 2022, soit pendant trois ans et trois mois, le trentenaire est poursuivi pour avoir harcelé la mère de son enfant. "Il faisait en sorte d’être toujours dans sa tête", explique l’avocate de cette dernière lors de l’audience d’appel qui s’est déroulée ce jeudi.

Guillaume C. a en effet été condamné en première instance en novembre dernier à six mois de prison avec sursis et une interdiction de contact avec son enfant sous certaines conditions. Jugement dont il a fait appel, l’audience se déroulant en l’absence des parents. En 2021, par exemple, en l’espace de six mois, 330 SMS ont été reçus par la plaignante ainsi que 638 appels téléphoniques dont 78 envoyés les mercredis et les dimanches, lorsque l’enfant se trouvait au domicile de la mère. La partie civile évoque également une vingtaine, voire une trentaine, de mails par jour.

"Il n’y avait pas d’insultes, il n’y avait pas de menaces. C’était plutôt une façon d’occuper en permanence le terrain, une manière d’envahir intentionnellement tout l'espace en déposant régulièrement des choses dans la boîte aux lettres ou bien se présentant à l’école sous tous les prétextes alors que sa présence n’était pas souhaitée. Cela aurait pu paraître fantasque, voire drôle, sauf que cela s'appelle du harcèlement", poursuit le conseil de la mère. La robe noire décrit sa cliente comme désormais isolée, ne sortant que très rarement de chez elle. "A l'époque où son ex-conjoint appelait Freedom, elle était régulièrement montrée du doigt dans la rue. Cela laisse des traces", déplore Me Béatrice Fontaine.

Du côté de la défense, c’est un père "aimant qui aime mal", qui est décrit par le bâtonnier Georges-André Hoarau. Différentes mesures éducatives ont été prises tout au long de ce conflit parental, la garde de l’enfant ayant été d'abord été confiée à la mère puis fixée en résidence alternée.

La représentante de la société a requis la même peine qu’en première instance et la cour a mis sa décision en délibéré au 29 août prochain.

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