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Zone arrière portuaire : une dizaine de candidatures déjà déposées pour ce projet d'aménagement majeur à La Réunion

Ecrit par M.B – le vendredi 24 juillet 2026 à 06H00
Photo d'illustration (Photo : Alexandre Robert)

Alors qu'un arrêté préfectoral vient de renouveler le statut de Projet d'Intérêt Général de la zone arrière portuaire, le Grand Port Maritime affiche son enthousiasme. Avec une dizaine de candidatures locales et nationales déjà enregistrées pour l'appel à manifestation d'intérêt, l'emprise globale d'une centaine d'hectares au Port Est (dont dix-huit hectares gérés directement par l'établissement portuaire) s'apprête à entamer une transformation sur vingt ans, portée par un modèle de baux longs et un calendrier calé sur la livraison de la Nouvelle Route du Littoral.

La publication récente d'un arrêté préfectoral prolongeant le statut de Projet d'Intérêt Général de la zone arrière portuaire remet en lumière ce dossier majeur pour le développement économique de l'île. Au-delà de cet acte administratif qui permet de « verrouiller le projet et le foncier », comme le souligne Gilles Ham-Chou-Chong, directeur général adjoint du Grand Port Maritime, c'est l'occasion d'effectuer un bilan complet sur ce secteur d'une centaine d'hectares au total, appelé à devenir le pôle logistique majeur de La Réunion.

La fin progressive de 35 ans de blocage foncier

Derrière le Port Est, l'aménagement s'organise enfin pour donner de l'air à une infrastructure par laquelle transite plus de 98 % des marchandises importées et exportées. Sur l'ensemble du périmètre, le Grand Port Maritime gère directement une tranche spécifique de 17 à 18 hectares, issue d'un bail emphytéotique de 75 ans signé avec le Département.

Sur la partie attribuée au port, les premiers travaux concrets démarreront par la création d'une plateforme sécurisée de 6,5 hectares. Gilles Ham-Chou-Chong explique que la priorité est de « dégager des surfaces pas loin du bord à quai ».

« Une dizaine de candidatures sérieuses» pour l'AMI de la ZAP

L'enthousiasme est particulièrement visible du côté du pôle portuaire concernant l'appel à manifestation d'intérêt en cours pour l'aménagement de sa zone. Gilles Ham-Chou-Chong se dit « très satisfait car nous avons en tout une dizaine de candidatures sérieuses », précisant que ces dossiers rassemblent « aussi bien des entreprises locales que nationales ».

Pour piloter la suite de la procédure sur l'ensemble du site de cent hectares, un comité de pilotage conjoint associe le Grand Port Maritime et le Territoire de l'Ouest. La sélection appliquera une grille rigoureuse. Gilles Ham-Chou-Chong insiste sur cette précaution indispensable, rappelant qu'il faut « faire très attention dans les projets qu'on retient car l'objectif c'est de ne pas être en concurrence non seulement avec le reste de la zone gérée par le territoire de l'Ouest, mais également avec les autres projets d'aménagement ».

C'est dans ce cadre que Franck Seither, directeur de la SPL pour le Territoire de l'Ouest, précise l'objectif d'installer « les bonnes activités économiques au bon endroit ». Il s'assure ainsi avec ses équipes que les candidats ont « un besoin absolu d'être dans la zone arrière portuaire » et un projet qui présente « bien un lien avec le port ». Les entreprises ne nécessitant pas cette proximité maritime directe seront réorientées vers d'autres espaces de l'Ouest, comme l'Éco-Cité ou la zone industrielle Abdéali Goulamaly à Cambaie.

La Zone Arrière Portuaire (ZAP), directement gérée par le Grand Port Maritime (en jaune sur la carte) s'étendra sur 18 hectares juste à côté de la darse. La voie Jesse Owens sera modifiée pour la faire traverser la Zone Industrialo-Portuaire (ZIP), gérée par le TO à travers la SPL Grand Ouest. (Carte : SPL Grand Ouest)

En finir avec la vente de terrains au profit des baux longs

L'une des évolutions clés concerne la gestion immobilière sur tout le périmètre pour éviter les erreurs du passé. Gilles Ham-Chou-Chong et les partenaires publics s'accordent sur la nécessité de conserver la propriété de la terre face à des « projets à plusieurs millions d'euros ».

De son côté, Franck Seither explique que la collectivité souhaite « continuer à gérer ce foncier économique » après avoir constaté par le passé qu'une fois la terre vendue, « il était difficile de la mobiliser ». Les entreprises s'installeront donc via des baux longs de trente ans pour offrir les garanties nécessaires tout en maintenant la maîtrise publique.

Une montée en puissance calée sur le chantier de la NRL

La concrétisation complète du projet s'inscrit dans un calendrier au long cours sur quinze à vingt ans. Une partie de la future zone sert actuellement d'emprise au chantier de la Nouvelle Route du Littoral, dont la livraison globale est visée à l'horizon 2032.

Cette occupation provisoire ne suscite aucune inquiétude chez les décideurs portuaires, qui voient les calendriers se chevaucher parfaitement. Gilles Ham-Chou-Chong souligne que le fait qu'une partie du foncier soit immobilisée « ne pose pas vraiment de problème », estimant que « le temps d'obtenir les autorisations nécessaires et le temps pour les entreprises de mobiliser les capitaux, normalement tout cela devrait bien coïncider ».

Si une frange en marge de la zone pourra accueillir quelques sièges d'entreprises, Franck Seither rappelle que le cœur du secteur restera « massivement dédié à l'industrie et à la logistique ». Quant aux connections avec le futur réseau Réunion Express, rien n'est arrêté à ce jour. La possibilité de relier la zone arrière portuaire à ce projet de transport guidé fait l'objet de premières discussions informelles et d'analyses d'opportunité, sans qu'aucun arbitrage ni tracé ne soit acté. L'idée de coupler les trajets des salariés avec une éventuelle desserte fret pour la marchandise reste, pour l'heure, une piste de travail prospective dont la faisabilité technique et financière devra être évaluée sur le long terme.

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