ZAC Moulin Joli, dette, emprunt : Gilles Hubert alerte sur les finances de La Possession

Ce mercredi s'est tenu le conseil municipal de La Possession. Si la majorité municipale met en avant une situation financière jugée saine et la poursuite d’un programme ambitieux d’aménagement, l'élu dissident de la majorité Gilles Hubert tire la sonnette d'alarme.
Au menu du conseil municipal de La Possession qui s'est tenu ce mercredi : l’approbation, entre autres, du compte administratif 2024 de la ville et du budget annexe de la ZAC Moulin Joli. "Malgré un contexte économique tendu, la commune confirme la solidité de ses finances et sa capacité à poursuivre ses investissements", se félicite la mairie, soulignant que le compte administratif 2024 présente un excédent net de fonctionnement de 5,4 millions d’euros et un taux de désendettement stable à 7,4 ans, "garant d’une gestion soutenable à long terme".
Concernant la ZAC Moulin Joli, la municipalité a voté la création d’un budget annexe et un emprunt de 9,5 millions d’euros pour clôturer le programme. Elle assure que cette opération, prévue sur cinq ans, "n’impactera pas le budget principal" de la commune. Selon la Ville, cette décision permet de "sécuriser les finances communales" tout en poursuivant les aménagements d’un projet lancé il y a plus de dix ans.
"Un déficit de trésorerie grave, longtemps ignoré ou minimisé"
De son côté, Gilles Hubert tire la sonnette d’alarme. "Depuis plusieurs années, j’alerte sur la situation financière de la ZAC Moulin Joli.
Un déficit de trésorerie grave, longtemps ignoré ou minimisé", exprime-t-il, notant qu'il "dépasse les 20 millions d'euros". Dans ces conditions, l'élu dissident de la majorité reproche au conseil de voter "un emprunt de 9,5 millions d’euros pour racheter des terrains dans cette ZAC. Des terrains dont une partie n’est même pas totalement commercialisable".
L'élu pointe du doigt une dette communale qui atteint désormais 60,5 millions d’euros, soit 1.812 euros par habitant, et un taux de désendettement qui approche 9 ans. "Cela signifie qu’en y consacrant toutes ses ressources, la commune met neuf ans à rembourser sa dette. Et aujourd’hui, La Possession n’épargne plus. À peine 2 centimes restent pour chaque euro dépensé après les charges et les remboursements", déplore l'élu pour qui "dans ces conditions, il ne reste qu’une option : augmenter encore les impôts".
"La Possession ne peut pas se résumer au seul projet 'Cœur de Ville'
L’élu d’opposition reproche aussi à la mairie d'avancer 3 millions d'euros de trésorerie à la Semader, l'aménageur de la ZAC Coeur de Ville. "La Possession ne peut pas se résumer au seul projet 'Cœur de Ville'. Pendant qu’on y consacre des millions, les autres quartiers sont oubliés".
Face à cette situation qu’il juge préoccupante, Gilles Hubert formule trois demande : établir un bilan chiffré des ZAC en cours, suspendre les emprunts non indispensables, et organiser un débat public sur les orientations budgétaires.


