Violences : Agir avant une guerre des gangs

La série de faits de violences fait réagir les élus. Les édiles de l'île se sont rassemblés pour faire un constat de la situation sous la présidence du président de l'Association des maires de La Réunion. Une première rencontre sur ce thème au cœur de l'actualité qui précède l’invitation du préfet de La Réunion avec l’ensemble des élus de premier plan de l’île (maires, députés, sénateurs, présidents du Département et de la Région).
Les élus rappellent que la sécurité est de la compétence de l’État mais que les maires sont prêts à accompagner les services gouvernementaux.
Mobiliser au-delà des élus et de l'État
Le président de l'AMDR, Serge Hoareau, a pris la parole au terme de cette table ronde des maires à Saint-Benoît. Il a indiqué que les élus étaient maintenant "prêts pour la réunion avec le préfet" sur la sécurité. Mais le maire de Petite-Île et ses confrères ont cependant noté que l'invitation de l'Etat lancée aux élus et aux services étatiques devait aussi être étendue à d'autres acteurs.
"Il manque le Recteur. Il manque un représentant de la Justice et il manque aussi pour nous les bailleurs sociaux", assure-t-il avant de préciser que "c'est aussi dans les quartiers où les bailleurs sociaux sont implantés que nous avons ces problèmes d'insécurité." Il ajoute que les communes du Sud avaient déjà sollicité ces acteurs immobiliers : "On leur a demandé de reprendre en main leur groupement d'habitations. On a plus de concierges qui avaient un œil sur ce qu'il se passait. Il manque peut-être maintenant des relais."
"C'est un souci de manque de moyens humains dans les forces de police et de gendarmerie, mais aussi dans la Justice. On retrouve parfois les personnes interpellées de nouveau dans la rue", déplore Serge Hoareau. Le président de l'AMDR ajoute que les maires craignent que la situation actuelle s'aggrave et que le phénomène de violences entre bandes rivales évolue en guerre de gangs sur fond de trafic de drogue et d'humains.
Plus de moyens à Mayotte et à La Réunion
Le maire de Saint-Benoît accueillait les maires de l'AMDR dans son hôtel de ville car sa commune a été impactée par un très violent épisode de heurts ce week-end. Patrice Selly a rappelé qu'il affirme depuis deux ans qu'il existe sur son territoire "un phénomène de communautarisation, notamment du côté des individus de la communauté mahoraise qui commettent des actes de violences de façon régulière. L'objectif n'est pas de stigmatiser mais de comprendre l'origine des phénomènes et d'y apporter des solutions."
L'édile bénédictin insiste sur l'intervention nécessaire de l'État : "Les solutions n'appartiennent pas uniquement aux maires de La Réunion. L'ordre républicain relève de la compétence du préfet et de l'État."
Il demande un déploiement plus important de moyens dans les deux îles. "Il y a aussi des solutions qui doivent être mises en œuvre directement à Mayotte. Je demande une intervention plus forte de l'État avec un service public plus présent. Et il y a des solutions à La Réunion avec l'accompagnement des mineurs isolés", indique-t-il.
Des mesures fortes demandées comme interdire le port d'armes
Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, qui avait tenu vendredi un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) avec le préfet de La Réunion, a aussi pris part à La Réunion. Elle évoque l'importance de prendre des décisions très impactantes pour enrayer l'augmentation de la violence.
"Les maires présents sont alignés. Nous allons faire des demandes à la hauteur du sujet, comme l'interdiction du port d'armes, par exemple", affirme l'édile dionysien.
Pas d’union sacrée
L’union sacrée n’a pas été totale avec 11 communes présentes et six excusées pour cette réunion de travail.
La plateforme ambitieuse d’Éricka Bareigts était représentée par la maire du chef-lieu elle-même, Olivier Hoarau et Maurice Gironcel. Patrice Selly, hôte de la réunion, était évidemment présent.
Parmi les autres maires à avoir fait le déplacement, on retrouve les édiles voisins de Patrice Selly, Jeannick Atchapa de Bras-Panon et Sidoleine Papaya de Salazie. Le maire de Saint-Philippe était aussi sur place.
Serge Hoareau, maire de Petite-Île et surtout président de l’association des maires de La Réunion, présent dans le Nord pour la plénière du Département où il est vice-président, a fait une partie du trajet retour pour présider la réunion.
Les maires de de Saint-André, de La Possession et de l'Entre-Deux étaient absents mais se sont faits représenter par des collaborateurs. Six édiles se sont excusés de leur absence, ceux des Avirons, de la Plaine des Palmistes, de Trois-Bassins, de Saint-Louis, de l'Étang-Salé et de Saint-Pierre.
Sept communes n'ont pas répondu à la sollicitation de l'AMDR : Cilaos, Le Tampon, Saint-Paul, Sainte-Marie, Sainte-Rose, Saint-Joseph et Saint-Leu.


