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Violences faites aux femmes: L'UFR regrette la "discre?tion" de la pre?sidente du TGI de St-Denis

Ecrit par zinfos974 – le lundi 20 février 2017 à 09H59

L'Union des Femmes Réunionnaises est honorée de constater qu'au cours de l'audience solennelle du 17 février 2017, les magistrats ont témoigné leur adhésion à la cause des femmes.

Le discours qu'a prononcé la Présidente de l'UFR, le 25 novembre 2016, est avant tout un discours qui s'appuie sur un travail de terrain mené au quotidien auprès des plus faibles.

C'est également un discours qui s'inscrit plus spécifiquement dans l'engagement liminaire de notre association en faveur de la tenue des États généraux des Violences faites aux femmes à La Réunion.

Cependant, nous regrettons la discrétion de la présidente du Tribunal de Grande Instance de Saint-Denis, qui n'a pas saisi l'occasion de s'exprimer les 25 et 26 novembre 2016. En effet, les États généraux des Violences faites aux femmes avaient aussi pour vocation d'amener cette question sociétale sur la place publique, afin de réunir et de permettre le débat entre les professionnels, les politiques, les bénévoles ainsi que les associations.

Comment interpréter ces critiques venant trois mois après ? Chercherait-on à nous faire taire ? La position de l'UFR, depuis près de 60 ans, est toujours la même : elle milite en faveur des personnes sans défense.

Notre propos s'appuie sur des exemples concrets que sont les drames familiaux, les situations extrêmes vécues par des femmes qui font l'expérience d'une justice qui peine encore à saisir tous les mécanismes et les enjeux des violences qu'elles subissent à la maison. Quel conseil devrait-on donc leur donner ?

Nul n’est fondé à contester le travail effectué par les juges dans leur ensemble. Mais comment peut-on admettre que la justice a été effectivement rendue quand une femme qui dépose plainte contre son conjoint violent qui lui a cassé le nez se voit accorder une interruption temporaire de travail, une ITT de 11 jours, découvre que sa plainte n'aboutit qu'à un simple rappel à la loi.

Que peut-on dire à cette femme, lorsqu'en plus la garde de ses enfants est confiée à cet homme, une manière de sanction qui fait de la victime la coupable ?

Alors oui, on le voit, la justice est faillible. Et nous à l'UFR recevons, dès qu’elles font appel à nous, toutes les victimes de ces défaillances judiciaires, et elles sont nombreuses...

Alors non, la critique n'était pas injustifiée mais reposait sur des faits si flagrants qu’on ne pouvait pas ne pas prendre en compte. Et c’est justement le rôle d'une parlementaire que de soulever les difficultés et les points faibles de notre modèle de société. Faire avancer les choses ce n'est pas attaquer ceux qui alertent.

Et puis, tant qu’à brandir une citation d’Albert Camus comme d’un argument massue, mieux vaut tout de même s’assurer d’avoir bien saisi le sens des mots qu’emploie ici l’auteur de L’Homme révolté et de Caligula. Quand il nous invite à « concilier la justice et la liberté », de toute évidence, il ne parle pas du pouvoir judiciaire et de la justice institutionnelle rendue par les tribunaux dont les juges, comme tout un chacun, sont sujets à l’erreur. Camus en appelle formellement à l’idéal de justice qui est, avec celui de la liberté, l’un des fondements de sa pensée et dépasse, et de loin, les jugements rendus par tel ou telle. Interpréter ses mots autrement, ce serait prendre des vessies pour des lanternes. Mais enfin, si erreur il y a, on rappellera qu’elle est humaine...

Union des Femmes Réunionnaises

 

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