Violences faites aux femmes : La Réunion multiplie les dispositifs d’aide aux victimes

Dans le sillage de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une grande conférence s’est tenue à la Préfecture. Réunissant un grand nombre d’acteurs, l’occasion s’est présentée aux autorités pour faire un bilan de la situation et présenter les nombreux dispositifs mis en place ou à venir.
La Réunion est le deuxième département en France affichant le nombre le plus élevé de violences conjugales. Un triste record, qui peut s’expliquer par la recrudescence de personnes déposant plainte. Mais il ne faut pas exclure les milliers de femmes encore touchées par ce fléau sur l’île.
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Lors d’une grande conférence, présidée par le préfet Patrice Latron, nouvellement installé, et la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité, de nombreuses mesures ont été présentées ce lundi 25 novembre.
Des chiffres édifiants
En 2023, on compte 12 femmes, en moyenne, se présentant dans un commissariat par jour à La Réunion pour des faits de violences. Sur notre île, le taux de victimes est supérieur à celui de l’Hexagone (14,6 % contre une moyenne nationale de 10,6 %). Dans la majorité des cas de violences conjugales, les femmes en sont victimes, et à contrario, les hommes en sont les auteurs.
Par ailleurs, on dénombre 2 féminicides depuis le début de l’année 2024 sur notre île. 21 depuis 2015 (ce sont ici les chiffres de la Préfecture). On estime qu’avant de quitter définitivement le lieu de vie conjugale, une victime retourne en moyenne 7 fois chez elle.
Enfin, pour la partie judiciaire, on compte, pour le parquet de Saint-Denis et Saint-Pierre, 3.503 affaires instruites l’année passée concernant des violences conjugales. Actuellement, 73 bracelets d’éloignement sont actifs (23 ont été mis en place cette année) et 47 ordonnances de protection ont été ordonnées.
De nouveaux dispositifs en place
En réponse à ce fléau qui touche notre île, les autorités ont déployé de nombreux dispositifs sur tout le territoire. L’un d’eux, l’Aide Universelle d’Urgence, enregistre 745 demandes. Elle permet à une victime de violence conjugale de « lever » les freins financiers en bénéficiant d’un montant moyen avoisinant les 925 euros. L’emprise « économique » reste une forme de violence, et de nombreuses victimes n’ont pas les ressources nécessaires pour démarrer une nouvelle vie. Cette aide couvre ainsi les dépenses immédiates pour faciliter le départ d’un logement.
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L’expérimentation « Nouveau départ » est déjà effective dans le sud de La Réunion. Elle permet, entre autres, de lever les freins administratifs, financiers et psychologiques pour prendre en charge rapidement une victime souhaitant quitter son conjoint ou sa conjointe violent(e). Au total, 51 demandes d’intégration à ce programme sont enregistrées sur l’île, et 26 sont effectives. La victime est ainsi orientée vers les dispositifs existants auxquels elle a droit.
Trouver des solutions d’hébergement
Le SAUT (Service d’accueil d’urgence temporaire) est un dispositif permettant d’héberger rapidement une victime. Il existe 6 structures de ce type, réparties un peu partout sur l’île. Protégeant leur anonymat, les victimes peuvent y trouver une oreille attentive et être orientées dans leurs démarches.
Cela s’ajoute à des places en appartements banalisés, facilitant ainsi la transition vers un nouveau logement. L’installation de places supplémentaires est en cours, et 117 places seront disponibles à la date du 1er décembre.
Le projet NHAVIR se met également en place pour les auteurs de violences conjugales. Ces places d’hébergement visent à éloigner le conjoint violent du domicile pour que la victime puisse y demeurer avec ses enfants. Le projet NHAVIR doit prendre ses quartiers dans un complexe immobilier de Saint-Pierre et luttera par la même occasion contre les risques de récidive.


