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Viol d’un jeune handicapé à Saint-André : le parquet conteste la remise en liberté du suspect

Ecrit par S.G. – le mardi 10 février 2026 à 16H17
Le centre pénitentiaire de Saint-Denis

Après 18 mois de détention provisoire, l’homme de 68 ans soupçonné du viol d’un jeune trisomique en juillet 2024 à Saint-André a été remis en liberté. Décision dont le parquet a fait appel.

"Savoir son agresseur en liberté l’inquiète beaucoup" alerte mardi 10 février Me Anne Maurin, avocate de la famille d’un Saint-Andréen de 26 ans atteint de trisomie 21 et victime présumée de faits sordides.

L’affaire remonte au mois de juillet 2024. Alors que ses parents l’ont envoyé acheter du pain comme il en a l’habitude, le jeune homme lourdement handicapé est abordé dans la rue par un homme de 66 ans qui propose de le ramener chez lui en voiture. Mais au lieu de prendre le chemin de sa maison, l’automobiliste l’entraine d’abord vers une station-service pour acheter à manger, puis le conduit jusqu’à un champ de canne à l’écart de tout. Là, il parvient à imposer une fellation au jeune homme.

Sous contrôle judiciaire depuis un mois

De retour chez lui, le garçon parvient à raconter les faits à ses parents, puis aux policiers. Malgré ses difficultés, son état de choc et "un âge mental de 13 ans", il a des souvenirs assez précis pour conduire les enquêteurs sur les lieux du crime présumé, où des éléments corroborant son récit sont découverts.

Identifié grâce à son véhicule, interpellé et placé en garde à vue, le sexagénaire nie les faits, allant jusqu’à accuser la victime présumée "de jouer la comédie pour (lui) soutirer de l’argent."

Mis en examen pour viol sur personne vulnérable, faits passibles de 20 ans de réclusion, l’homme est incarcéré. L’instruction va suivre son cours, mais ne sera pas clôturée dans le délai initial du mandat de dépôt criminel. Au bout de 18 mois d’emprisonnement, le suspect est remis en liberté sous contrôle judiciaire au début du mois de janvier dernier et quitte le centre pénitentiaire de Saint-Denis.

"Ce n'est pas de sa faute"

"Cet homme n’aurait jamais dû mettre un pied dehors" s’indigne l’avocate générale devant la chambre de l'instruction, alors que le parquet a fait appel de cette décision du juge des libertés et de la détention. Invoquant "un risque de pression sur les victimes" et "le risque d’une réitération de faits choquants, qui montrent bien l’état d’esprit du suspect", elle réclame son retour sous les verrous au moins jusqu’à la fin de l’instruction.

"Le principe, c’est la liberté, la détention, l’exception" rappelle Me Sébastien Navarro en défense, considérant que son client aujourd'hui âgé de 68 ans n’a fait que bénéficier de l'application de la loi. "Ce n’est pas de sa faute si les cabinets d’instruction sont surchargés et que les dossiers ne sont pas bouclés à temps. Il n’a rien d’autre à son casier judiciaire qu’une amende, il est sous contrôle judiciaire dans une autre commune et n’a jamais cherché à contacter les parties civiles depuis sa sortie il y a un mois" souligne l’avocat, qui demande confirmation de la décision du JLD.

La cour a mis sa décision en délibéré à demain mercredi

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