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Veilleur de vie : Quand un don de moelle osseuse peut sauver une personne

Le CHU de La Réunion et les professionnels de santé lancent un appel au don de moelle osseuse. Sur notre île, la première greffe remonte à 2021. D’année en année, le savoir-faire se développe. À terme, le CHU espère pouvoir être autonome pour les greffes de moelle osseuse. Mais avant cela, il faut trouver des donneurs.
Ecrit par Lucas Candessoussens – le vendredi 8 novembre 2024 à 16H48
Crédit : CHU

Connaissez-vous la différence entre la moelle osseuse et la moelle épinière ?

La première se trouve dans nos os, tandis que la seconde est située dans notre colonne vertébrale. Cette confusion freine souvent les candidats potentiels au don de moelle osseuse. Pourtant, l’acte est simple : il suffit d’avoir entre 18 et 35 ans, d’être en bonne santé et de remplir un questionnaire médical. Une fois ces étapes franchies, une carte d’identité biologique est établie. Si vous êtes compatible, vous pourriez sauver une vie.

Simple, non ? Et pourtant, les idées reçues persistent. Lorsqu’on fait un don de moelle osseuse, c’est généralement une simple fiole de sang qui est prélevée. Dans certains cas, une ponction est réalisée dans les os du bassin, mais l’intervention est indolore et sans séquelle. Lorsqu’on est appelé à donner, la procédure ne dure que quatre heures. La moelle osseuse se régénère en huit jours dans l’organisme. On devient alors un « veilleur de vie ».

Le don est anonyme. Un donneur peut attendre plusieurs semaines, mois ou années avant d’être sollicité. Parfois, il ne sera jamais rappelé. Bien que le donneur soit engagé à vie, il peut se rétracter à tout moment.

 

Receveur cherche donneur désespérément

 

« Sans moelle osseuse, nous ne pouvons pas vivre », rappelle la docteure Catherine Faucher, directrice des prélèvements et greffes de cellules souches hématopoïétiques à l’Agence de la biomédecine, en déplacement sur notre île. Chaque année en France, près de 2 000 personnes bénéficient d’une greffe grâce au don de moelle osseuse.

À La Réunion, la première greffe a eu lieu en 2021. Depuis, on en compte une dizaine par an (11 en 2022, 12 en 2023). Les professionnels de santé espèrent doubler ce chiffre pour atteindre 25 greffes annuelles. Mais pour cela, il faut davantage de donneurs. En 2023, La Réunion comptait 4 500 donneurs inscrits. Grâce à une campagne de recrutement, 192 nouvelles personnes ont été enregistrées cette année. Sans ces actions, ce chiffre dépasse rarement 50 inscriptions par an. « On n’attend pas un don. [...] À partir du moment où le patient nécessite une allogreffe, il faut attendre au moins deux mois avant de procéder à la greffe », explique la docteure Patricia Zunic, responsable du service d’hématologie et médecin greffeur au CHU de La Réunion.

 

Une richesse génétique unique

 

La Réunion présente une particularité précieuse : la diversité de ses profils génétiques, due au métissage. « C’est un patchwork, avec des combinaisons très rares ailleurs dans le monde. » Par exemple, des donneurs réunionnais peuvent, sans le savoir, être compatibles avec des receveurs aux États-Unis, où le métissage est similaire à celui de notre île. Un trésor de diversité qui peut sauver des vies, bien au-delà de nos frontières.

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