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Vague de froid : un risque de black-out

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 3 février 2012 à 09H41

La vague de froid qui touche la France devrait s'intensifier au cours de la semaine. L'option "centrales nucléaires + chauffages électriques" d’EDF va démontrer son absurdité : la consommation d'électricité française sera telle que le parc nucléaire, bien que gigantesque, sera dépassé. Grâce à l’importation massive de courant depuis l'Allemagne (*), la France a pu éviter un black-out électrique ces derniers hivers. Défendant obstinément leur idéologie pro nucléaire, les autorités françaises n'ont pas su reconnaître la faillite de leur stratégie. L’option nucléaire était supposée permettre à la France de se chauffer de façon autonome sans dépendre des importations de combustible. Or, c'est bien en important que la France alimentait, ces dernières années, les chauffages électriques.

Suite à Fukushima, l'Allemagne a pris la décision de fermer ses 8 plus anciens réacteurs. En conséquence, cet hiver, l'Allemagne ne pourra plus sauver la France du black-out. Cette situation contredit trois des principaux prétextes avancés pour "justifier" l'option nucléaire malgré sa dangerosité :

1°) La sécurité d'approvisionnement : EDF déclenche en ce moment diverses procédures dans l'espoir de pouvoir passer cette vague de froid sans avoir à reconnaître l'absurdité de l'option "nucléaire + chauffages électriques". Il s'agit en particulier de la procédure d' "effacement" qui consiste à demander aux industriels, en échange de forts dédommagements, de cesser provisoirement leurs activités afin de réduire la consommation nationale d'électricité : un comble au pays de l'atome.

2°) L’indépendance énergétique. Cet argument est déjà contredit par deux faits : le nucléaire ne couvre que 15% de la consommation finale d'énergie en France, et 100% du combustible nucléaire, l'uranium, est importé. Mais la situation est encore plus absurde si l'on constate qu’en hiver la France est contrainte d'importer de l'électricité.

3°) La réduction des émissions de CO2. Depuis des années, EDF a recours aux centrales électriques thermiques (gaz, charbon), fortement émettrices de CO2, pour alimenter le parc français de chauffages électriques. Paradoxalement, une étude RTE-Ademe (**) indique qu'en moyenne le nombre de kg CO2 / MWh en France est de l'ordre de 5 fois celui de l'Europe (370 contre 75). Donc on produit du CO2 pour ne pas en produire !

Alors que la Cour des Comptes a présenté lundi un rapport qui contredit la thèse selon laquelle l'électricité nucléaire serait peu chère, on constate donc l'absence des vertus de l'énergie fissile, contestées de longue date par les organisations antinucléaires. En revanche, suite à Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), et par la production de déchets radioactifs dangereux durant des millénaires, les ravages causés par l'industrie nucléaire sont bien réels.
 
Il est donc grand temps de stopper l'industrie nucléaire. Il restera alors  à démanteler à grands frais les installations et à s'occuper des déchets radioactifs "ad vitam eternam ?".

(*) http://observ.nucleaire.free.fr/importations-fra-all.htm
(**) http://observ.nucleaire.free.fr/CO2-Chauffage-electrique-RTE-Ademe.pdf

Dr Bruno Bourgeon
Membre EELVR

 

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