Une Réunionnaise se fait voler son identité par une étudiante étrangère

Tout commence il y a un peu plus d’un mois, lors d’une simple visite chez son médecin généraliste où sa carte vitale semble ne pas fonctionner. Morgane se rend alors à la CGSS pour régler le problème, et c’est là qu’on lui annonce que son dossier a été transféré en métropole, sans plus d’explications.
Le même jour, elle est contactée par l’inspection des fraudes, qui lui annonce que son identité a été usurpée : "ils m’ont demandé de fournir tous les documents que j’avais en ma possession permettant de prouver mon identité", explique la jeune femme, ce qu’elle fait une semaine plus tard.
Morgane est très inquiète. Elle n’est plus prise en charge par la sécurité sociale, et n’a plus de pièce d’identité valide : sa dernière demande de carte nationale d’identité, qui remonte au mois de novembre dernier, est également refusée suite à l’usurpation. Elle décide alors de porter plainte.
Mais à Malartic, les agents refusent de prendre sa déposition " faute de preuves " raconte la jeune femme. Il lui faudra retourner au commissariat la semaine suivante, et insister, attestation de la CGSS en main, pour être enfin reçue par les policiers.
Une suspecte d’origine étrangère
La semaine dernière, un inspecteur l’appelle enfin pour prendre une nouvelle déposition. Mais cette fois, Morgane pense en savoir un peu plus sur la mystérieuse personne qui s’est attribué son identité.
En regardant attentivement les documents fournis par la CGSS, les proches de Morgane reconnaissent l’adresse métropolitaine où a été envoyée la nouvelle carte vitale : elle correspond au domicile d’une connaissance de sa mère.
"J’ai également pu retrouver la photo d’identité utilisée pour faire cette nouvelle carte vitale, c’est là que j’ai reconnu la nièce de cette connaissance" .
La Dionysienne soupçonne alors cette nièce d’origine étrangère d’avoir usurpé son identité afin de pouvoir rester sur le territoire Français. Selon ses informations, elle aurait réussi à obtenir l’acte de naissance de Morgane sur internet, et se serait alors inscrite dans une université en région parisienne, où elle aurait en plus bénéficié d’une bourse pour compléter ses études.
"Une personne de la famille de cette jeune femme est soupçonnée d’avoir arrangé l’installation de Mauriciens en France métropolitaine de façon illégale il y a plusieurs années", ajoute Morgane.
Des éléments d’information qu’elle n’hésite pas à fournir à l’inspecteur. Lui-même encourage la Dionysienne et sa famille à poursuivre leur petite enquête, d’autant que la tante de cette mystérieuse nièce aurait récemment contacté la famille de Morgane, pour demander des informations très précises sur un de ses cousins : date de naissance, lieu de naissance, taille etc.
" Je n’arrive pas à dormir le soir "
Depuis Morgane est dans l’attente : "Il semblerait que cette jeune femme ait pour projet de se rendre au Canada pour poursuivre ses études. J’espère qu’on l’attrapera avant qu’elle ne quitte le territoire."
Extrêmement stressée par cette situation, la Réunionnaise raconte avoir perdu 4 kg en un mois : "Je n’arrivais plus à m’alimenter correctement. J’étais et je suis toujours très inquiète, je n’arrive pas à dormir le soir. Je vis dans la crainte de voir la Banque de France m’appeler pour m’annoncer que je dois des dizaines de milliers d’euros, alors que cette personne peut utiliser mon identité pour faire ce qu’elle veut", explique-t-elle.
Encore étudiante, Morgane parvient à passer ses examens cette semaine sans pièce d’identité, un véritable soulagement. Mais ses autres projets sont compromis par cette affaire : passer le permis de conduire, déménager, tout cela devra malheureusement encore attendre.
La Dionysienne compte faire appel à un avocat dans les jours qui viennent : "J’espère que cette personne paiera pour ce qu’elle a fait, parce que c’est injuste ce que je subis aujourd’hui par sa faute."
* Prénom d'emprunt


