"Une première brèche" : travail le 1er mai, la bombe sociale qui met La Réunion sous tension

À deux jours du réexamen à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi autorisant, dans certains secteurs, le travail le 1er mai, l’intersyndicale hausse le ton à La Réunion. Elle dénonce une remise en cause d’un acquis social majeur et appelle les députés réunionnais, comme les salariés, à se mobiliser vendredi 10 avril devant la préfecture de Saint-Denis.
Le rendez-vous est fixé vendredi 10 avril, à 10 heures, devant la préfecture de Saint-Denis. À La Réunion, l’intersyndicale appelle à une mobilisation contre une proposition de loi issue du Sénat, qui doit être de nouveau examinée à l’Assemblée nationale. Son intitulé donne le ton, "Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai".
Pour les organisations syndicales, le texte va bien au-delà d’un simple ajustement. Il constituerait une remise en cause du 1er mai, présenté comme "seul jour férié légalement obligatoirement chômé et rémunéré".
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Dans leur communiqué du mercredi 8 avril à Saint-Denis, elles dénoncent "fermement ce texte", estimant qu’il ouvrirait la voie à "de larges dérogations dans de nombreux secteurs professionnels, notamment les grandes surfaces, au détriment des petits commerces de proximité".
Au cœur de leur opposition, une inquiétude claire, celle d’un précédent. L’intersyndicale avertit que "l’autorisation de travailler le 1er mai constituerait une première brèche dans le principe du repos obligatoire attaché à cette journée exceptionnelle". Elle invoque l’expérience du travail dominical pour étayer sa mise en garde.
"Toucher au 1er mai, c’est toucher au droit du travail tout entier"
"L’expérience démontre que chaque remise en cause d’un principe protecteur conduit, à terme, à une généralisation des dérogations jusqu’à en faire la règle", écrit-elle, redoutant que, demain, des salariés puissent être poussés à accepter de travailler "sous peine de licenciement ou de non-recrutement".
Les syndicats rappellent aussi que le 1er mai ne peut, selon eux, être traité comme un jour férié ordinaire. Ils le décrivent comme une "journée internationale de luttes et de revendications des travailleurs", profondément inscrite dans l’histoire sociale.
Le communiqué cite notamment la fusillade de Fourmies, le 1er mai 1891, pour souligner la portée symbolique de cette date. "Banaliser cette date, c’est remettre en cause plus d’un siècle de conquêtes sociales et collectives", préviennent-ils.
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Dans ce contexte, l’intersyndicale adresse un appel direct aux parlementaires de l’île. Elle les exhorte "solennellement" à ne pas voter ce texte. En parallèle, elle invite "l’ensemble des salariés à se mobiliser massivement" lors du rassemblement prévu ce vendredi 10 avril à Saint-Denis.
Sa formule de conclusion résume l’enjeu qu’elle entend porter dans la rue comme dans le débat public, "Toucher au 1er mai, c’est toucher au droit du travail tout entier".


