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Une jeune Réunionnaise de 16 ans forcée à se prostituer dans l'Hexagone

Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 30 janvier 2025 à 10H03

C'est une affaire particulièrement glauque que le tribunal judiciaire de Saint-Denis avait à juger ce mercredi. Une jeune adolescente originaire de La Réunion a été forcée à la prostitution par quatre individus, tous aussi Réunionnais, à Saint-Etienne pendant près de quatre mois. Si cette sordide affaire met en lumière les dérives inquiétantes de notre société, elle permet également de s'interroger sur l'orientation judiciaire discutable décidée à Saint-Etienne.

Si Johnatan F. originaire de La Réunion, est le seul à être jugé pour proxénétisme aggravé ce mercredi en comparution immédiate, c'est qu'il est le seul à avoir réussi à s'enfuir sur l'île après les faits. Tout commence début 2024 lorsqu'une jeune Réunionnaise de 16 ans, fraichement arrivée à Saint-Etienne, contacte son ex-beau-frère qu'elle considère comme sa famille. Elle lui demande de venir la chercher, car ça ne se passe pas bien avec ses parents à la maison. L'homme s'exécute et la récupère en pleine nuit. La jeune fille ne sait pas encore qu'elle va vivre un véritable enfer.

Ils la contraignent à pratiquer des prestations "nature"

En effet, à peine montée dans la voiture, elle est amenée dans un Airbnb où ses bourreaux, au nombre de quatre, vont la prostituer pendant près de quatre mois sans qu'elle puisse partir. Contrainte et forcée, elle doit enchaîner les prestations payantes de 8 heures à 3 heures du matin. Comble du tout, ils la contraignent à pratiquer des prestations "nature" (sans préservatif), enchaînant 15 à 20 clients par jour. Elle finira par réussir à s'enfuir.

Au total, quatre protagonistes, tous Réunionnais, finiront par être interpellés, dont un sur l'île.

Trois d'entre eux ont été jugés la semaine dernière à Saint-Etienne dans le cadre d'une comparution immédiate, lors de laquelle, selon nos informations, ils ont nié les faits. Outre le choix de la comparution immédiate, le parquet de Saint-Etienne n'a pas jugé pertinent de retenir dans la prévention les faits de séquestration, pour un dossier qui aurait pu finir devant une cour d'assises. Malgré la gravité de ces actes ignobles et dégradants, les trois prévenus ont écopé de 1 à 2 ans de prison avec maintien en détention pour seulement deux d'entre eux.

Quant à Johnatan F., c'est libre et sous contrôle judiciaire qu'il comparaissait. Ce mercredi, le dossier est une nouvelle fois renvoyé en raison de l'absence d'expertise psychiatrique du prévenu. La prochaine audience est fixée au 3 mars prochain. En attendant cette date, le prévenu est maintenu sous contrôle judiciaire, ce qui n'a pas manqué de faire réagir la partie civile, estimant que cette décision est "inadmissible", compte tenu de la gravité des faits.

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