Une famille sème la panique à Salazie

C’était il y a 10 jours à Salazie. Une famille en voulait à une autre et un règlement de compte allait avoir lieu. Mais en ce lundi après-midi, c’est vers un groupe d’individus ivres devant le bar du quartier, des cousins lointains paraît-il, que B.P, 24 ans, se dirige pour demander des renforts. Ils refusent. Ça s’échauffe et le jeune met des coups aux deux victimes. Alertés, son père, 48 ans, et son frère, 19 ans, arrivent pour calmer mais les coups repartent de plus bel.
Et si cette scène n’avait pas suffi, direction le domicile des deux victimes le soir-même pour en découdre à nouveau. Dans la cour de la maison, les deux hommes prennent là encore des coups. Le plus jeune s’empare d’un morceau de bois.
Le boxeur connu
En comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, alors que les trois prévenus sont en prison à Domenjod et entendus par visio-conférence, on comprend que B.P est l’instigateur et de loin le plus violent. Il compte déjà 8 mentions sur son casier judiciaire. Mais son avocat rappelle de qui il s’agit. Champion de France de boxe chinoise, le jeune a vu sa vie basculer en 2017 lorsqu’il a "croisé le chemin d’un caïd de Saint-Benoît qui lui a tiré en plein visage". Depuis, B.P souffre de multiples troubles, dont des pertes de mémoire, pour lesquels il suit un traitement et est considéré comme travailleur handicapé. "C’est du gâchis", déclare son avocat. Il fait discrètement le parallèle avec Johnny Catherine en expliquant qu’en aucun cas B.P ne fait régner la loi. Concernant son père et son frère, "c’est la mauvaise image de la famille qui fait qu’ils se retrouvent à Domenjod".
En effet, le lendemain, le père de B.P se rend à nouveau chez les victimes et leur propose 1200 euros en s’excusant pour la veille. "J’étais ivre, aurait-il déclaré, B.P va se retrouver en prison si vous portez plainte". En effet, sous sursis au moment des faits, il risque au moins six mois de prison. Quant à lui, il ne peut pas perdre son travail, étant la seule source de revenu de la famille. Mais les victimes décident d’emmener l’argent à la gendarmerie au moment où ils déposent plainte.
B.P, qui évoque par la suite une histoire de jalousie ou de violence d’une des victimes sur sa compagne, est malgré tout condamné à 14 mois de prison, son sursis étant révoqué. Son petit frère, dont le casier comprend une mention à cause d’un paquet qu’il aurait tenté de faire passer à son frère en prison, est condamné à 4 mois de sursis. Leur père, à 5 mois de sursis. Ils sortent donc de détention. Tous sont relaxés des faits de subornation.


