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Une décharge et une carrière illégales au Port, à deux pas de l’océan

Extinction Rebellion pointe du doigt l’existence d’une décharge gigantesque au Port. "Le propriétaire ne se contente pas seulement de polluer l’île et l’océan, il exploite également les ressources naturelles du terrain", affirme le collectif.

Ecrit par N.P – le vendredi 28 octobre 2022 à 11H06

Le communiqué :

Extinction Rebellion a été informé, par des habitants de la commune du Port, de l’existence d’une décharge gigantesque à proximité du Port de plaisance.

Ce terrain se situe précisément entre l’océan et le centre de traitement des déchets verts du TCO, le long du boulevard de la marine dans la zone ECOPARC. Il s’agit de l’ancienne décharge du TCO exploitée pendant plusieurs années et censée être fermée depuis près de 20 ans. Sur place, l’entreprise ***, gérée par *** qui n’affiche pas son nom, exploite sans autorisations les surfaces depuis au moins 10 ans en continuant d’enfouir des déchets en tout genre.

Nous avons pu entrer sur le terrain qui n’est pas clôturé, et ainsi pendre en photo d’innombrables quantités de déchets à moitié enfouis sous des montagnes de roches, qui atteignent près de 15m de haut par endroit. Ces déchets sont majoritairement issus du BTP, blocs de béton armés ou non, morceaux de ferraille et de plastique, câbles, mais aussi des carcasses de voitures, que l’on retrouve jusque … sur la plage ! (cf photos).

Si certains déchets datent peut-être de l’époque ou le site était exploité, une bonne partie de ceux visibles sur les photos prises la semaine dernière sont très récents. Preuve que le site est toujours en activité et qu’il continue à accueillir des déchets du BTP, contrairement à ce qu’annonce l’entrepreneur.

D’après le repérage réalisé et l’analyse des données disponibles sur le site géoportail, on estime que la pollution sur ce terrain s’étend sur au minimum 50.000 m² (5ha)…

Mais le propriétaire ne se contente pas seulement de polluer l’île et l’océan, il exploite également les ressources naturelles du terrain en revendant du sable et des cailloux extraits des sols sur place, en toute illégalité ! Nous avons en effet, constaté sur place la présence de plusieurs machines de criblage des terres et cailloux et la présence de nombreux tas de roches et de sables près à être vendus.
Des procédures judiciaires semblent déjà menées depuis plus de 10 ans par la DEAL et le TCO pour expulser l’entrepreneur. Il a en effet déjà été condamné par la justice et reçu plus de 4 mises en demeure de quitter et nettoyer le terrain depuis 2014. On se retrouve donc avec une entreprise exerçant une activité illégale, connue de l’état, poursuivie à plusieurs reprises, mais qui continue comme si de rien n’était. On croit rêver.

La préfecture est-elle a ce point impuissante ? Ou est-ce le signe d’un laisser faire incroyable des autorités ? Pour information, le Grand Port Maritime semble avoir été plus efficace car il a récupéré voilà 2 ans une partie du terrain de la décharge occupée par cette entreprise afin de la mettre en location à l’entreprise ***.

Cette situation ubuesque nous amène à nous poser plusieurs questions :

  • Comment se fait-il que la police n’intervienne pas pour saisir tout le matériel d’extraction des roches et démonter les installations après des mises en demeure restées sans réponses ?
  • Comment se fait-il que le TCO ne clôture par le terrain de cette ancienne décharge qu’il a l’obligation légale de nettoyer pour empêcher le va et vient des véhicules, et donc cette activité ?
  • Comment se fait-il qu’il soit plus facile d’interdire à un commerçant d’exercer son activité si il ne contrôle pas le passe sanitaire, que d’interdire toute activité de pollution des sols et de l’océan à un entrepreneur occupant illégalement un terrain pendant 10 ans ?

On espère, par ce témoignage et les photos transmises, que le nouveau préfet se saisira rapidement du dossier, et ordonnera l’arrêt immédiat de cette activité.

On ne peut pas demander aux Réunionnais de trier leurs déchets si dans le même temps on autorise la poursuite de ce ces graves infractions.

 *** anonymisé par la rédaction

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