Un sexagénaire tire froidement sur un homme pour un stationnement gênant

Des faits d'une extrême gravité se sont déroulés le 15 mars dernier à Saint-Paul aux alentours de 13 heures. Lorsque les gendarmes arrivent, ils constatent qu'un jeune homme est blessé au ventre suite à un tir de pistolet. Les premiers éléments mettent en lumière qu'une altercation est à l'origine du différent en rapport avec un stationnement gênant. La victime explique qu'elle est allée voir Didier C-K., son futur agresseur, pour lui demander de déplacer son véhicule qui l'empêchait de rentrer chez des amis. L'homme ne bouge pas. Deux versions s'opposent à partir de là. Selon l'agresseur, la victime l'aurait menacé de brûler la voiture gênante alors qu'il avait un bidon d'essence en main. Didier C-K. atteste que sa voiture a été imbibée d'essence et que, par peur, il a sorti son arme de sa voiture et ouvert le feu sur la victime.
De son côté, la victime atteste qu'elle avait bien un bidon d'essence en main, mais certifie que c'était pour aller chercher de l'essence. Le jeune homme indique qu'en aucun cas, il n'a eu l'intention de brûler la voiture. Alors qu'il demandait à Didier C-K. de déplacer son véhicule, l'homme a ouvert le feu sur lui, le touchant à l'abdomen. Il a ensuite été conduit à l'hôpital pour y être opéré. Les gendarmes interpellent le tireur le 15 mars vers 18 heures. Dans le rapport, il est indiqué qu'il était en train de laver tranquillement sa voiture. Il est placé en garde à vue, puis déféré au tribunal pour tentative de meurtre. La victime, qui reçoit une ITT de 6 jours, accepte de correctionnaliser l'affaire, évitant une potentielle cour d'assises au tireur. Didier C-K est finalement présenté en comparution immédiate ce lundi 18 mars.
"Qu'est-ce qui est le plus grave monsieur : de mentir ou de tirer sur quelqu'un ?"
À la barre, Didier C-K. explique qu'il a tiré, car il se sentait menacé, puis ajoute : "Ce monsieur ment, moi, je dis la vérité. Il ne m'a jamais parlé. J'ai pété un plomb parce qu'il a versé un bidon d'essence sur ma voiture. J'ai fait ça pour défendre mon bien", explique-t-il au tribunal. "L'agresseur, c'est lui ou vous ?", rebondit la présidente. "C'est moi, mais ce n'est pas moi qui ai déclenché ça", répond le prévenu avec assurance et non sans un relent de racisme eu égard à l'origine de la victime. "Qu'est-ce qui est le plus grave monsieur : de mentir ou de tirer sur quelqu'un ?", demande un assesseur. "Les deux sont graves", répond le prévenu droit dans ses bottes. Invité à s'exprimer, la victime, se tenant toujours le ventre, se fend d'un "Il s'est retourné, il a chargé et pam".
"Il tire avec froideur et détermination sur fond de racisme"
La vision du parquet est sans appel : "Il tire sur le ventre d'un autre être humain, c'est le dossier le plus grave de cette audience". La procureure enchaine ses réquisitions en indiquant que "c'est parti au départ sur une tentative de meurtre, c'est la victime qui a accepté de correctionnaliser les faits. Il tire avec froideur et détermination sur fond de racisme. La première chose qu'il dit, c'est "il ment", pas qu'il est désolé. Il prend son arme trafiquée et il tire sans un mot. Il y a une froideur dans son geste avec une déshumanisation de son acte. Il part, et la première chose qu'il fait est de laver sa voiture. Sa personnalité est inquiétante, c'est une personne dangereuse", conclut la magistrate qui demande une peine de 5 ans de prison dont 1 an de sursis, 10 ans d'interdiction de détenir une arme et son maintien en détention.
"Il reconnaît avoir pété les plombs, mais pas pour rien"
"Il faut ramener ce dossier à ce qu'il est, sinon, il fallait aller à la cour d'assises", répond la défense. "Il faut ramener la peine à ce qui correspond au dossier. Vous devez retenir la provocation de la victime à son encontre, cela ressort clairement du dossier. Je vous demande de retenir un partage de responsabilité. Il le dit, sa voiture a été aspergée d'essence, mais rien n'a été vérifié lors des investigations. Il reconnaît avoir pété les plombs, mais pas pour rien. Il voulait mettre le feu à sa voiture", plaide la défense avec vigueur. Alors que cinq armes modifiées et une centaine de munitions ont été retrouvées chez lui, Didier C-K, 4 mentions à son casier, est condamné à la peine de 4 ans de prison dont 1 an de sursis, ainsi qu'à 10 ans d'interdiction de détenir une arme. Il est maintenu en détention.


