Un projet de réforme constitutionnelle provoque de graves émeutes en Nouvelle-Calédonie

Louis Le Franc, le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, a exprimé son inquiétude sur l'escalade de la violence lors d'une intervention télévisée. Il a rapporté l'utilisation d'armes automatiques, de fusils de chasse et de carabines à gros calibre par des jeunes manifestants.
La nuit précédente a été marquée par la destruction de dizaines de véhicules, le pillage de supermarchés et des incendies dévastateurs, dont un qui a ravagé une usine d'embouteillage à Nouméa.
Les forces de l'ordre ont été engagées dans des affrontements avec des manifestants, souvent masqués, qui ont pris le contrôle de plusieurs ronds-points et érigé des barricades enflammées pour bloquer la circulation.
Les interventions policières ont inclus l'utilisation de lanceurs de balles de défense et de grenades de désencerclement.
Au total, vingt interpellations ont été effectuées par la police et la gendarmerie a fait état de cinq autres, avec trente de ses membres blessés, dont un sérieusement à l’œil.
En réponse à l'agitation, Louis Le Franc a annoncé le déploiement du GIGN pour renforcer la sécurité, prévenant que tout tir contre les forces de l'ordre serait considéré comme une légitime défense. Le ministère de l'Intérieur a aussi prévu l'envoi supplémentaire de quatre escadrons de gendarmerie mobile et de deux sections de CRS, tandis que la vente d'alcool sera interdite dès mardi.
La réforme doit être votée mardi après-midi, après avoir été approuvée par le Sénat. Les indépendantistes, ayant déjà exprimé une forte opposition par le biais de la Cellule de coordination des actions de terrain, ont prévenu d'une intensification des manifestations si le projet de loi était adopté.
Par ailleurs, une révolte a éclaté dans la prison du Camp-Est à Nouméa.
Les manifestations se sont intensifiées avec l'établissement de barrages impromptus sur divers axes routiers et le blocage de l'aérodrome sur l'île des Pins. Les organisateurs des blocages ont affirmé : "Ces mesures bien que sévères et exceptionnelles sont cruciales pour faire entendre notre voix dans la défense de notre peuple et de notre souveraineté", selon des propos rapportés par Le Figaro. Ils ont annoncé la continuation de leurs actions mardi.
Le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie a annoncé un couvre-feu pour la nuit de mardi 14 à mercredi 15 mai dans l'agglomération de Nouméa, indique BFM TV. Le port d'armes et la vente d'alcool sur tout le Caillou sont également interdits.


