Revenir à la rubrique : National

Le département de l'Isère mais aussi la Suisse ont adopté la technique du lâcher de moustiques tigres stériles

Ecrit par Zinfos974 – le lundi 29 juin 2026 à 14H57

Les lâchers de moustiques mâles stériles se multiplient en Europe pour tenter d'enrayer la progression du moustique tigre. Alors que l'Isère dans région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé une expérimentation en ce mois de juin, le canton suisse du Tessin annonce déjà des résultats encourageants. Une approche que connaît bien La Réunion, là où les chercheurs testent cette méthode depuis plusieurs années.

La lutte contre le moustique tigre continue de changer de visage. Face aux limites des traitements insecticides traditionnels, plusieurs territoires misent désormais sur une stratégie biologique consistant à relâcher des moustiques mâles stériles afin de réduire progressivement les populations. Une expérimentation est actuellement menée dans le département de l'Isère selon le journal Le Dauphiné Libéré, tandis que, de l'autre côté de la frontière, le canton suisse du Tessin annonce déjà une diminution significative de la présence du moustique tigre grâce à cette méthode, selon le site d'actualité suisse RTS.

Lire aussi : Lutte anti-moustiques : Saint-Joseph toujours le laboratoire d'une méthode révolutionnaire

Pour les Réunionnais, cette technique n'a pourtant rien d'inédit. L'île fait partie des territoires pionniers dans le développement de cette lutte innovante contre Aedes albopictus, principal vecteur de la dengue et du chikungunya.

En Isère, une expérimentation jusqu'à l'automne

Depuis le début du mois de juin, la commune de La Verpillière, en Isère, accueille un essai grandeur nature. Des moustiques mâles stériles sont relâchés deux fois par semaine dans une quarantaine de points stratégiques afin de limiter progressivement la reproduction du moustique tigre.

Le principe est simple. Les mâles, qui ne piquent pas, s'accouplent avec les femelles sauvages. Les œufs pondus ne sont alors pas viables, entraînant une diminution progressive de la population de moustiques sans recours massif aux insecticides. Cette expérimentation doit se poursuivre jusqu'au mois de septembre afin d'évaluer son efficacité en conditions réelles.

Au Tessin, des résultats déjà visibles

En Suisse, où le moustique tigre est apparu dès 2003 dans le canton du Tessin, les autorités récoltent aujourd'hui les fruits de plus de vingt ans de lutte.

Grâce à une stratégie combinant surveillance, suppression des eaux stagnantes, implication des habitants et lâchers de moustiques mâles stériles, la densité du moustique tigre est désormais en recul. Le Tessin est aujourd'hui le seul canton suisse à enregistrer une telle diminution, alors même que l'espèce continue de progresser dans le reste du pays.

Lire aussi : Dengue à La Réunion : 1.356 cas et cinq décès en 2024, quasi disparition du virus en 2025 en raison du Chikungunya

Ces résultats confortent les chercheurs dans l'idée que cette méthode constitue une alternative crédible aux traitements chimiques, tout en limitant son impact sur l'environnement.

Cette stratégie est déjà bien connue à La Réunion. À Saint-Joseph, le projet OpTIS, porté notamment par le Cirad et l'IRD, expérimente une version renforcée de la technique de l'insecte stérile.

Chaque semaine, des dizaines de milliers de moustiques mâles stérilisés sont relâchés dans une zone d'étude. L'intérêt majeur de cette technique réside dans son ciblage. Contrairement aux pulvérisations d'insecticides, elle agit uniquement sur le moustique tigre sans affecter les autres insectes pollinisateurs ou la biodiversité.

Etiquettes : Chikungunya | Dengue | Moustiques | PU2

Dans la même rubrique

0💬
Tri :