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Un dossier “glaçant” de violences conjugales jugé en comparution immédiate

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 9 février 2026 à 20H00

Dorian C. est jugé en comparution immédiate ce lundi 9 février pour avoir porté des coups à sa compagne et l’avoir harcelée. Un dossier particulièrement inquiétant, d’autant que la justice a multiplié les dispositifs pour éviter un drame. Récit.

Encore un dossier de violences conjugales. Une réalité tristement banalisée au fil des audiences qui s’enchaînent au tribunal, notamment à La Réunion, où les faits restent massifs. Mais l’audience de ce lundi 9 février glace particulièrement par la gravité des faits et l’escalade du comportement du mis en cause.

À la barre, Dorian C. doit répondre de violences et de harcèlement sur sa compagne. Retour en décembre dernier. Le 12 décembre, le couple circule en voiture, la victime est au volant. Une dispute éclate. L’homme lui assène une gifle, puis une seconde, avant de lui saisir brutalement le poignet pour lui faire lâcher son téléphone.

Prétextant un rendez-vous à Saint-Paul, la jeune femme se rend en réalité au réseau VIF de la commune. Elle se précipite à l’intérieur du bâtiment, expliquant venir d’être frappée par son compagnon. Dorian C., lui, prend la fuite, laissant leur enfant dans le véhicule.

Harcèlement et menaces persistantes

Deux certificats médicaux sont établis et corroborent les déclarations de la victime. Une ITT de deux jours est retenue. Mais l’homme demeure introuvable. Déclaré domicilié chez sa mère, il échappe aux recherches avant d’être finalement interpellé en février 2026.

Entre-temps, loin de se faire discret, Dorian C. multiplie les messages à sa compagne. Alors que des mesures de protection sont mises en place et que la victime est relogée à Saint-André, il lui écrit en lui prouvant qu’il sait où elle se trouve, comment elle est habillée, et qu’il la surveille. Face à ce harcèlement, la victime et ses deux enfants doivent être déplacés en urgence vers un autre lieu.

Une ordonnance de protection est prononcée, assortie d’un nouveau relogement. L’interpellation de Dorian C., le 6 février dernier, conduit finalement à l’audience de ce lundi.

À la barre, un prévenu provocateur

Face aux magistrats, Dorian C. multiplie les prises de parole. Il reconnaît le harcèlement, qu’il justifie par son désir de voir son fils — un enfant qu’il n’a pourtant jamais reconnu officiellement. Lors des réquisitions, il va jusqu’à affirmer qu’il a “le droit” de menacer la mère de son enfant. Une sortie de trop, qui conduit le président du tribunal à le faire placer en cellule jusqu’à la fin des débats.

Concernant les violences, le prévenu nie en bloc. Il parle d’un complot, accuse la victime de jalousie, affirmant avoir voulu mettre fin à la relation après avoir rencontré une nouvelle compagne. Contactée, cette dernière indique connaître à peine Dorian C. et dément toute relation de concubinage.

Face au certificat médical, le mis en cause dit “ne pas savoir” comment la victime a pu se blesser. Son casier judiciaire, lui, est éloquent : 17 mentions, pour des faits allant du vol aux violences.

Des réquisitions sévères

Présente à l’audience, la victime reste figée sur le banc. Elle prend finalement la parole, en larmes, évoquant le climat de peur et de contrôle qu’elle subit depuis des mois. Son avocate souligne l’état d’angoisse permanent de sa cliente et confie avoir elle-même craint pour sa sécurité lorsque Dorian C. était encore en liberté. Une remarque qui fait sourire le prévenu, immédiatement rappelé à l’ordre.

Le parquet partage cette inquiétude, évoquant l’épuisement de “tous les recours possibles” pour protéger la victime. Lorsqu’est abordée la question de l’enfant, Dorian C. interrompt à nouveau les débats, provoquant son expulsion de la salle.

Le ministère public requiert trois ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire renforcé. Outre les interdictions habituelles (contact, rapprochement, présence au domicile), la procureure sollicite la mise en place d’un bracelet anti-rapprochement, précisant qu’un refus constituerait un manquement grave aux obligations judiciaires.

La défense ne conteste pas le fond, demandant une peine réduite au regard de l’insertion professionnelle du prévenu et de sa volonté affichée d’engager des démarches pour reconnaître son fils.

Le tribunal suit intégralement les réquisitions du parquet et condamne Dorian C.

Etiquettes : Tribunal | VIF

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