"Un couvre-feu ciblé en soirée" : à La Réunion, ce syndicat de police réclame davantage de restrictions pour les mineurs

Après les violences du week-end dernier, les policiers se préparent à une nouvelle journée sous tension ce samedi 24 octobre. L’Unsa Police 974 salue le renforcement des effectifs, mais regrette l’absence de couvre-feu pour les mineurs dans les secteurs les plus exposés. Le syndicat réclame également des moyens humains durables pour faire face aux violences urbaines.
Quel sera le scénario de ce samedi 24 octobre, alors que de fortes tensions sont attendues ?
Pour "prévenir" ces débordements annoncés, les policiers seront mobilisés en nombre à La Réunion. Face aux appels à la mobilisation et au "risque que cela implique", la direction territoriale de la Police nationale (DTPN) a prévu un "dispositif renforcé", avec le rappel de nombreux fonctionnaires, dont des enquêteurs habituellement affectés à d’autres missions.
L’Unsa Police 974 indique avoir obtenu la prise en compte de ses revendications lors d’un échange avec le directeur territorial de la Police nationale cette semaine. Le syndicat salue ainsi "un dispositif humain conséquent" et tient à souligner "l’engagement collectif" des policiers mobilisés.
"Pris pour cible"
L’organisation syndicale n'a pas non plus la mémoire qui flanche et revient également sur les événements du week-end dernier, marqués par des "violences" contre les forces de l’ordre. Le syndicat évoque des collègues "pris pour cible" et "plusieurs policiers blessés", tout en pointant des "dysfonctionnements dans l’organisation et la logistique".
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"Si l’ampleur des événements a pu surprendre, nos collègues ont fait preuve de courage et de professionnalisme pour contenir les troubles à l’ordre public", estime encore le syndicat.
"Un couvre-feu ciblé en soirée" pour les mineurs
C’est l’un des points de désaccord soulevés par l’organisation syndicale. Alors que des restrictions préfectorales concernent notamment l’alcool, les armes, le carburant et les feux d’artifice, l’Unsa Police 974 nous indique regretter "qu’aucun couvre-feu pour les mineurs n’ait été instauré dans les secteurs relevant de la Police nationale".
Le syndicat justifie notamment sa demande par la présence de jeunes parmi les personnes impliquées dans les violences du week-end précédent. Tout en estimant qu’une restriction ciblée en soirée constituerait "une mesure de prévention justifiée".
Selon l’organisation, cette mesure pourrait "limiter leur exposition aux affrontements, réduire les risques et faciliter l’intervention des forces de l’ordre".
Force mobile de police réclamée sur l’île
Au-delà de la gestion de cette journée, l’Unsa Police 974 n'en démord pas et remet sur la table la question des moyens disponibles à La Réunion. Le renfort d’un escadron de gendarmerie mobile est salué, mais le syndicat juge indispensable "de disposer également d’une force mobile de police capable d’intervenir rapidement et de manière autonome sur le territoire".
Pour le syndicat encore, la mobilisation exceptionnelle des services souligne surtout "le besoin de moyens humains durables et adaptés aux réalités du territoire".
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Sa priorité reste la sécurité des fonctionnaires engagés sur le terrain. "Ils doivent pouvoir intervenir avec des effectifs suffisants, des équipements adaptés et une organisation à la hauteur des risques auxquels ils sont exposés", insiste l’Unsa Police 974.
Le syndicat assure évidemment qu’il restera attentif aux conditions d’intervention des policiers, qui pourraient être confrontés à "des séquences particulièrement soutenues et difficiles" ce samedi 24 octobre.


