Revenir à la rubrique : National

Un Bordelais soupçonné d’avoir commandité en ligne des viols d’enfants en Colombie et à Madagascar

Ecrit par N.P. – le mardi 9 septembre 2025 à 11H08
Illustration : Alexandre Robert

Un homme d’une trentaine d’années a été mis en examen et placé en détention provisoire. Il est accusé d’avoir payé pour suivre en direct le viol de mineurs à l’étranger. Selon France Info, c’est la première affaire de ce type liée à Madagascar.

Un employé administratif vivant à Bordeaux a été incarcéré vendredi dernier après sa mise en examen pour des faits d’une extrême gravité. L’homme est soupçonné d’avoir organisé et visionné, depuis son domicile, une trentaine de viols d’enfants en Colombie et à Madagascar via des sessions de « livestreaming ». D’après les informations du service police-justice de France Info, il s’agit de la première mise en examen en France dans un dossier impliquant Madagascar, alors que jusque-là, des affaires similaires avaient lieu aux Philippines ou en Colombie.

L’enquête a débuté après son interpellation lundi 1er septembre, consécutive à l’exploitation de son téléphone. Les enquêteurs ont mis au jour des milliers de photos et de vidéos pédocriminelles, ainsi que des échanges en ligne avec des femmes rencontrées sur des sites d’escort. Les discussions, transférées ensuite sur des messageries cryptées, portaient sur la négociation de tarifs pour des agressions sexuelles en direct sur des mineurs. Le Bordelais aurait dépensé environ 15.000 euros en trois ans.

Il risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle

Selon Aurélie Besançon, cheffe de l’Office mineurs (OFMIN), cette affaire démontre qu’il est possible de « détecter les infractions et d’identifier les auteurs et les victimes, malgré la distance et les barrières numériques ». Cinq victimes ont déjà été identifiées, dont trois âgées de moins de dix ans. Les sessions pouvaient durer plusieurs heures, au cours desquelles le suspect donnait lui-même des instructions sur les sévices à infliger.

Pour Camille Chabot, référente sur le livestreaming au parquet de Paris, ce type de crime repose sur un schéma clair : « des instructions, un accord préalable sur l’abus sexuel qui sera commis et sur le prix ». Autant d’éléments qui permettent de qualifier juridiquement les faits.

Après 96 heures de garde à vue, le trentenaire a été mis en examen pour « complicité de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs », « complicité de traite d’êtres humains aggravée », « participation à une association de malfaiteurs criminels » et « détention, acquisition et transaction d’images pédocriminelles ». Il risque jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Toujours selon l’OFMIN, la moitié des personnes qui consomment de telles images passent ensuite à l’acte dans leur vie réelle. Les enquêteurs poursuivent leur travail afin d’identifier d’autres victimes potentielles.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :