Tribune libre de Joé Bédier: Retour sur les 20 ans de Club Export

L’association Club Export Réunion Océan Indien souffle ses 20 bougies cette année, par une action de communication importante et l’organisation, si l’on en croit celle-ci, d’évènements à la hauteur d’un tel anniversaire.
Ce n’est pas mon propos ici de juger l’action de cette association, qui sur le principe est plus que nécessaire au développement d’un territoire marqué par un déséquilibre, qu’on rencontre rarement, de sa balance commerciale. Je crois néanmoins nécessaire de faire deux observations et d’apporter une information.
Ma première observation concerne notre politique de développement économique, qui relève principalement de la région. Or on a le sentiment, en matière d’actions à l’export, qu’elle a délégué ses compétences à cette association, tant il est difficile aujourd’hui d’identifier une quelconque ligne régionale et encore moins des actions concrètes de la collectivité, dans un secteur de compétence pourtant prioritaire si l’on veut vraiment s’attaquer au défi des milliers d’emplois à créer pour lutter efficacement contre le chômage.
Ma seconde observation est pour rappeler que depuis vingt ans le déficit de la balance commerciale s’est encore aggravé, les exportations ne représentant plus que 6,5 % de nos importations. Qu’a-t-on fait pendant ces vingt années pour arrêter et inverser cette tendance, compte tenu par ailleurs des énormes masses financières qui nous ont été transférées par l’Etat et l’Europe? Il y a là un échec grave eu égard au temps et aux moyens dont on a disposés et cela doit appeler plus d’un à la modestie quand il s’agit de faire le bilan de leurs politiques ou de souffler des bougies.
Et j’en viens à un fait sur lequel la discrétion a par contre été de mise, à savoir la remise gracieuse par la région au bénéfice de l’association Club Export d’une somme totale de 27 374 euros au titre des loyers dus par celle-ci pour les années 2015 et 2016, pour occupation de locaux de la collectivité (décision de l’assemblée plénière du 14 décembre 2017). Le motif de cette mesure, qui bénéficie très majoritairement à des étudiants en difficultés, est "la situation financière délicate" de l’association, qui a un chiffre d’affaires de 700 000 euros. On est alors en droit de se poser des questions sur l’efficacité d’une structure à ce point malade (ce n’est pourtant pas ce qu’elle prétend dans sa communication) ! Et nombre d’allocataires d’aides diverses, d’associations ou d’entreprises qui font l’objet de procédures de recouvrement forcé alors qu’ils rencontrent de réelles difficultés, ne bénéficient pas de la même considération.


