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Trésor de La Buse : Les pièces trouvées à Maurice pourraient être des roupies indiennes

Sur le littoral d'Albion, dans l'ouest de l'île Maurice, les recherches menées par l'archéologue kényan George Abungu sur le site d'une prétendue cache du pirate La Buse ont permis de mettre au jour des pièces de monnaie. De l'avis de scientifiques ayant obtenu des photos, la présence d'une boîte de conserve, la forme des pièces et le fait que des montants y soient inscrits discréditent la théorie d'un trésor pirate.

Ecrit par T.L. – le dimanche 23 juin 2024 à 08H24

Depuis la parution en 1934 de « Le flibustier mystérieux : histoire d’un trésor caché », le fameux livre de Charles de la Roncière évoquant un cryptogramme jeté par La Buse à la foule venue assister à son exécution le 7 juillet 1730 à Saint-Paul, la légende d’un trésor caché par le plus célèbre des pirates français ressurgit de loin en loin. A chaque fois semble-t-il avec la même puissance évocatrice dans l’imaginaire collectif, forgé par la littérature au XIXe siècle, puis par le cinéma à son avènement.

Il en va ainsi de la cache supposée découverte par Cyrille Lougnon dans la ravine à Malheur à La Réunion, dont le Service régional de l’archéologie a réalisé l’inspection le mois dernier. Ou encore pour le site d’Albion à l’île Maurice, où sept randonneurs sont eux aussi persuadés d’avoir mis la main sur l’hypothétique trésor secret légué par La Buse.

Le 19 juin dernier, la radio RFI évoquait la trouvaille par l’équipe mauricienne menée par l’archéologue kényan George Abungu de « sept pièces de monnaie ancienne » pour certaines en argent, pour d’autres en bronze. « C’est un trésor! » s’enthousiasmait sur les ondes Georges Abungu, dont la nomination à la tête des recherches par la National Heritage Fund, en lieu et place d’une archéologue déjà en poste au sein de cette institution du ministère de la Culture mauricien, suscite certaines interrogations dans la communauté scientifique.

Ces derniers jours, des photos de ces pièces de monnaie ont commencé à circuler chez les chercheurs et spécialistes de la piraterie. « Les Mauriciens partagent les photos pour essayer d’obtenir des informations », nous affirme ainsi un scientifique, qui explique qu’un autre de ses confrères a reçu pour sa part d’autres images.

« Il y avait aussi une boîte de conserve éclatée »

La petite communauté de chercheurs a eu tôt fait d’échanger les impressions et commentaires, y compris sur les réseaux sociaux. « Il semblerait qu’il y ait des pièces en cuivre, de la couleur des pièces de 5 centimes d’euro, et une pièce qui semble être en argent. Ce sont sans doute des roupies indiennes. Les pièces sont assez fines, plus fines qu’une pièce d’un euro, très usées et abîmées. Elles ne sont pas corrodées, ça prouve que c’est un métal intéressant mais la tranche est striée et un peu limée sur le côté comme pour faire un polygone. Il y a des lettres effacées sur la face comme pour indiquer leur valeur », détaille notre source.

Selon elle, et de l’avis partagé des confrères avec qui ce chercheur en aurait discuté, il y aurait peu de chance pour qu’il s’agisse des restes d’un trésor pirate. « Il y avait aussi une boîte de conserve éclatée, j’en déduis que les pièces étaient à l’intérieur. Un des mes amis mauriciens avec qui je travaille m’a dit qu’il daterait ça de la fin XVIIIe ou du début XIXe siècle, moi je penche plutôt pour le XIXe. »

Pour ce scientifique ayant arpenté les sites pirates de différentes parties du globe, c’est surtout la méthode employée à Maurice qui choque, avec l’usage prédominant des détecteurs de métaux, en lieu et place de fouilles méthodiques, qui laisse peu de doutes sur les ambitions des chercheurs de trésor. « Quoi qu’il en soit, même si cela n’a rien à voir avec la piraterie, la découverte de pièces anciennes peut avoir une importance historique », ajoute-il, en formulant le vœux que les annonces tonitruantes de l’archéologue kényan ne provoquent pas une ruée vers l’or.

Pour de nombreux spécialistes du pirate Olivier Levasseur dit La Buse, l’existence d’un trésor caché relèverait de la fable. L’archéologue belge Marie-Eve Sténuit qualifie ce mythe de « songes exotiques » dans son récent ouvrage « Fabuleuses cartes au trésor » (Éditions du Trésor), tandis que son confrère français Jean Soulat, responsable du programme Archéologie de la Piraterie et auteur du livre « Pirates » (paru chez Alisio), a décidé de tordre le cou, dans son prochain ouvrage, à la légende littéraire selon laquelle les pirates enterraient leurs butins.

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