La Possession : le réfectoire de l'école Paul-Éluard inauguré sur fond de cantine à 1 euro pour tous les élèves

À La Possession, l'inauguration du nouveau réfectoire de l'école Paul-Éluard s'accompagne d'une mesure sociale d'envergure : le passage à la cantine à 1 euro pour les 4 300 élèves de la commune. En s'appuyant sur ses équipes pour finaliser un chantier longtemps paralysé, la municipalité tente de redonner de l'air au pouvoir d'achat des familles tout en revisitant le contenu des assiettes.
À l'école Paul-Éluard de La Possession, l'inauguration du nouveau réfectoire s'est faite au rythme habituel du service de midi. Dans les assiettes ce jour-là, du boucané illustre une volonté municipale d'intégrer davantage de recettes locales dans les menus. Ce bâtiment accueille désormais un peu plus de 150 élèves au quotidien.
Au-delà de cette livraison attendue, c'est l'application de la cantine à 1 euro pour l'ensemble des écoliers de la commune qui suscite les discussions. Dans un contexte économique pesant pour le budget des ménages, la mesure est observée de près par les parents d'élèves.
Roxane, venue sur place pour l'occasion, y voit la concrétisation d'un engagement puisque « c'était une promesse de campagne et on se voit content qu'elle soit tenue, car ça va faire du bien au budget. En plus, pour la première fois, je vais manger à la cantine de l'école de ma fille. »
Pour Franck, un autre parent d'élève, l'économie réalisée, même modeste à l'échelle mensuelle, reste un coup de pouce bienvenu. Il confie que « cela fait plaisir de voir le réfectoire terminé. Même pour 20 ou 30 euros par mois d'économisés, c'est une somme qui me sera utile, qui va nous permettre de proposer plus de loisirs pour notre fille. »
Un chantier repris en main pour éviter les surcoûts
D'un coût global de près de 488 000 euros, cofinancé à hauteur de 50 % par l’État, ce réfectoire a pourtant connu un parcours sinueux. À l'arrivée de la nouvelle équipe municipale, les travaux étaient au point mort, obligeant les élèves à s'organiser différemment pour la pause méridienne.
Julien Domenjob, premier adjoint au maire, explique que « la livraison de ce réfectoire illustre nos projets pour notre commune. Dès notre arrivée, on a essayé de faire un point sur les travaux en cours et accélérer tout ce qui pouvait l'être. On avait des chantiers à l'arrêt pour diverses raisons. » Selon lui, « il n'y avait pas de date prévue de livraison, mais le chantier n'avançait pas. On était déjà à plus d'un an, la cantine était déplacée, les élèves devaient aller se rendre ailleurs. »
Pour finaliser la structure sans grever le budget communal, la municipalité a fait le choix d’utiliser ses ressources internes durant la période de fermeture de l'établissement. « On a dû reprendre le dossier et les travaux ont duré moins d'un mois et demi en profitant des vacances pour éviter de déranger l'école pour terminer le chantier », précise le premier adjoint.
Une reprise en régie défendue par le maire, Erick Fontaine, qui assure qu'« en voulant accélérer les travaux, ça n'a engagé aucun surcoût pour la commune, car ils ont été réalisés en régie. » L'édile ajoute que « nos employés municipaux sont véritablement les yeux de la collectivité et font le maximum pour donner au futur CCAS un bâtiment de qualité. »
Un enjeu de taille : 4 300 rationnaires à charge
La mise en place de la tarification à 1 euro répond à un enjeu d'envergure sur le territoire, où la restauration scolaire concerne une grande partie de la population jeune. Le maire rappelle qu'« aujourd'hui, ce sont pratiquement 4 300 enfants qui sont nourris sur les écoles de La Possession. »
Jusqu'ici, la facture annuelle pesait lourdement dans le budget des foyers. « Pour les familles, cela représente un budget entre 1 300 et 1 500 euros par an », chiffre Erick Fontaine. « Donc on a encore du chemin à parcourir pour tenter de soutenir toutes les familles et donc tous les enfants. Cette cantine à 1 euro, c'est vraiment pour tous les Possessionnais. »
Pour la municipalité, cet investissement va d'ailleurs bien au-delà de la simple gestion du bâti. Julien Domenjob insiste sur le fait que « pour nous, investir dans les écoles, ce n'est pas investir seulement dans le bâti, mais c'est également investir pour le futur de notre ville. »
Des ajustements dans l'assiette et une proposition d'ouverture
Abaisser le prix d'accès à la cantine s'accompagne d'une réflexion sur la composition même des repas. La ville souhaite ainsi valoriser le patrimoine culinaire de l'île. « Désormais, on va vraiment faire l'effort de créoliser le repas. Par exemple, ce midi, ça sera du boucané », indique le maire.
Face aux interrogations sur la qualité des repas à un tarif si bas, l'édile propose d'ouvrir ponctuellement les portes des réfectoires aux familles, dans un souci de transparence. « On peut imaginer, pourquoi pas, de temps en temps, que les parents viennent à la cantine manger avec leurs enfants pour également vérifier que la nourriture est quand même de bonne qualité. »
Une première pour les vacances à Mafate
Cette politique de proximité cherche également à s'étendre vers les zones les plus isolées de la commune, notamment dans le cirque de Mafate où les structures scolaires s'apprêtent à connaître une utilisation inédite pendant les périodes de fermeture.
Le maire annonce ainsi qu'« on a deux écoles qui ont fermé, je pense notamment à celle de La Nouvelle, et elles ouvriront pendant les grandes vacances comme centre de loisirs pour la toute première fois. »


