Trafic d’insecticides et médicaments : six interpellations à Mayotte et dans l’Allier, plus de 105 000 euros saisis

Une enquête ouverte après une saisie douanière à Longoni a conduit au démantèlement d’un réseau soupçonné d’importer et de revendre illégalement des insecticides, herbicides et médicaments en provenance de Tanzanie, de Chine et de Dubaï. Six personnes ont été interpellées.
C’est une saisie opérée à Mayotte qui a mis les enquêteurs sur la piste d’un trafic structuré. Le 10 novembre 2024, les douanes interceptent à Longoni une importante cargaison de produits phytopharmaceutiques – insecticides et herbicides – ainsi que des médicaments vétérinaires, dont du Diproson et de l’Ibudcap. Le dossier est rapidement confié au détachement de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) de l’océan Indien, sous l’autorité du pôle régional environnement du tribunal judiciaire de Saint-Pierre.
L’enquête, ouverte en préliminaire puis poursuivie sous commission rogatoire à partir du 27 octobre 2025, met au jour l’existence d’un trafic organisé d’insecticides et de médicaments importés illégalement. Selon les premiers éléments, ces produits particulièrement nocifs pour la santé et l’environnement étaient vendus dans des commerces de proximité, en dehors de tout contrôle sanitaire ou autorisation réglementaire.
Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende
Importés à bas coût, revendus au détail avec une forte marge, ces produits étaient largement diffusés. Les enquêteurs estiment que les consommateurs étaient exposés à un risque sanitaire réel. Certains médicaments figuraient sur les listes I et II et ne bénéficiaient d’aucune autorisation de mise sur le marché. D’autres produits phytopharmaceutiques étaient tout simplement interdits.
Le 10 février 2026, une opération judiciaire est déclenchée à Mayotte et dans l’Allier, avec l’appui de la gendarmerie de Mayotte. Six personnes sont interpellées et placées en garde à vue. Des perquisitions permettent la saisie de nombreux médicaments et produits phytosanitaires. Près de 105 000 euros sont également saisis au titre des avoirs criminels, dont environ la moitié en numéraire, le reste sur des comptes bancaires, laissant apparaître un possible schéma de blanchiment.
Les produits provenaient notamment de Tanzanie, de Chine et de Dubaï. Les mis en cause devront prochainement s’expliquer devant la juge d’instruction. Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende pour les infractions liées aux trafics, et jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende pour blanchiment.
Une affaire qui rappelle que le trafic de produits phytosanitaires et de médicaments, souvent perçu comme marginal, peut constituer une menace directe pour la santé publique et l’environnement, y compris dans les territoires ultramarins.


