Cour d'assises des mineurs : il fait brûler la maison d'un codétenu en représailles, de lourdes peines de réclusion pour les auteurs

Cinq jeunes majeurs sont jugés devant la cour d'assises des mineurs à partir de ce mardi et jusqu'à vendredi. Ils ont entre 18 et 22 ans sont en échec scolaire et leur profil familial est similaire. Répondant à l'injonction d'un détenu fâché contre un de ses semblables pour une histoire de trafic de drogue raté, quatre d'entre eux ont mis le feu à l'habitation de la mère de ce dernier "pour lui faire passer un message". Des peines lourdes viennent d'être prononcées.
Le 17 septembre 2022 à l'aube, les policiers du Port et les pompiers intervenaient sur l'incendie d'un logement dans un quartier situé non loin du port de plaisance. Immédiatement, il n'a fait aucun doute que le départ du feu était d'origine criminelle. Les flammes s'étaient propagées jusqu'à la maison mitoyenne, provoquant des dégâts certes, mais sans commune mesure avec celle des victimes. Tout avait été détruit.
À l'intérieur se trouvait un couple, leur bébé âgé d'un mois et la grand-mère, propriétaire des lieux. Un lien avec le fils incarcéré de celle-ci avait été fait. Le prisonnier aurait eu un différend avec un codétenu dans le cadre d'un trafic de stupéfiants au sein du centre pénitentiaire de Domenjod. De sa cellule, Kevin* est soupçonné d'avoir commandité l'incendie pour se venger de son rival.
Une Renault bleue repérée sur les lieux
Plusieurs témoins affirment avoir vu au petit matin des faits une Renault Clio bleue faire plusieurs allers-retours, tous feux éteints, devant la maison des victimes. Plusieurs individus, vêtus de sombre, capuches et cagoules, étaient sortis du véhicule pour déverser de l'essence dans la cour de la maison. Une allumette, et les flammes avaient jailli instantanément.
Deux jours plus tard, trois des incendiaires présumés étaient balancés anonymement aux forces de l'ordre. Le trio aurait agi à la demande de Kevin dans un contexte de trafic de stupéfiants. Quelques jours plus tard, le véhicule décrit par les témoins était retrouvé sur un parking portois. Le fils de la propriétaire était soupçonné lui aussi, l'analyse de son téléphone portable par les enquêteurs mettant en évidence sa présence à proximité de l'habitation brûlée au moment des faits.
Sur l'hypothèse d'un deal qui aurait mal tourné, les deux détenus étaient extraits de leur cellule et entendus. Tous deux évoquaient une livraison de cannabis qui ne s'était pas déroulée comme prévu, chacun accusant l'autre de l'avoir trahi. En guise de représailles, Kevin avait fini par reconnaitre avoir donné instruction à un de ses comparses de brûler la maison de l'autre afin de "lui faire passer un message".
Reste à savoir si les incendiaires présumés savaient que la maison à laquelle ils ont mis le feu était occupée. Reste également à déterminer les rôles de chacun. Les versions des accusés ont en effet varié au cours de leurs différentes auditions, en garde à vue et dans le cabinet du juge d'instruction.
Les accusés portent-ils tous la même responsabilité dans ce qui aurait pu être une tragédie ? C'est ce que le jury populaire va tenter de savoir au cours de l'audience criminelle qui devrait durer quatre jours. Les mis en cause encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, la bande organisée ayant été retenue à leur encontre.
Malgré leur jeune âge, les intéressés ont tous un passé judiciaire et une histoire familiale similaire : une enfance malheureuse, un père absent, des violences intrafamiliales et une déscolarisation précoce. Le verdict est tombé ce vendredi.
Kévin écope de 11 ans de réclusion criminelle, 14 ans avaient été requis par le ministère public. Les incendiaires écopent de 9 ans de réclusion criminelle, des peines comprises entre 11 et 13 ans de réclusion criminelle ont été proposées à la cour par le parquet général. Un mineur également jugé dans cette affaire est condamné à 4 ans de prison dont 2 ans ferme.
*Prénom d'emprunt


