Trafic de drogue : Yannis Bley et ses comparses restent en prison jusqu’au procès en appel

Jeudi dernier, le procès en appel du vaste réseau de trafiquants de drogue emmené par Yannis Bley a été renvoyé au 29 janvier prochain. En attendant, il a été maintenu en détention tout comme ses principaux lieutenants.
Un kilo de cocaïne, 8,7 kilos de résine de cannabis, 2.000 buvards de LSD, 113.000 euros en espèces et des transferts d’argent à hauteur de 284.000 euros auxquels ont participé pas moins de 136 personnes entre La Réunion, La Martinique et la métropole. Les saisies opérées à La Réunion et dans l’hexagone par les enquêteurs, ainsi que les flux financiers détectés sur les comptes des suspects, donnent une petite idée de l’ampleur de cette filière, démantelée dans le courant de l’année 2023.
Le procès en correctionnelle de ce réseau structuré s’était soldé par la condamnation de Yannis Bley, tête de pont présumé, à six ans de prison ferme. Une peine largement en-dessous de celle requise par le parquet de Saint-Denis qui s’élevait au double. Raison pour laquelle il a fait appel du jugement. « L’appel du ministère public a été motivé par les peines prononcées au regard de l’ampleur de ce réseau organisé de produits stupéfiants et d’argent », a taclé, l’air de rien, l’avocate générale.
Le naufrage d’un procès fait tomber l’autre à l’eau
Ainsi, Jeudi dernier, plusieurs acteurs de ce trafic d’envergure devaient être rejugés par la cour d’appel de Saint-Denis. Parmi eux, Yannis Bley, barbe taillée au poil et muscles saillants sous un t-shirt moulant vert fluo. En visio-conférence depuis la prison de Domenjod, « le boss » s’affiche sur l’écran géant de la salle d’audience. La pénitentiaire n’a pas estimé utile de faire comparaître le prévenu.
Classé Détenu particulièrement surveillé (DPS), son déplacement aurait impliqué un déploiement exceptionnel de policiers et de gendarmes en arme. L’enjeu de l’audience était de toute façon très réduit. Le procès ne pouvait en effet pas se tenir en l’absence du président Jacques Rousseau, en arrêt depuis le naufrage sous tension d’un autre procès, celui des emplois de cabinet sous la mandature de Didier Robert.
« Le superviseur » du réseau reste impassible
Une fois la décision prise de renvoyer l’audience au 29 janvier prochain, les magistrats présents n’avaient plus qu’à trancher pour savoir si les détenus concernés par le procès en appel resteraient ou pas en détention provisoire. Sans grande surprise, ils ont tous été maintenus sous les verrous à commencer par leur chef à tous, Yannis Bley, un gars de Créteil de 25 ans en situation de récidive.
A l’évocation de son cas, celui que l’avocate générale a nommé « le superviseur » du réseau reste impassible. Il ne desserre les dents que pour répondre par oui ou par non aux quelques questions qui lui sont posées.
« L’appât du gain est leur principale motivation »
Comme pour ceux qui suivent, le parquet général indique qu’il y a toujours « un risque de concertation », sachant que plusieurs d’entre eux se sont déjà fait prendre avec des téléphones en cellule. L’autre raison invoquée vise « à éviter le renouvellement de l’infraction car l’appât du gain est leur principale motivation ». Pour Paul Emmanuel F., condamné à 4 ans de prison dont 2 avec sursis, le parquet fait également appel de sa condamnation.
L’avocate générale rappelle au passage qu’il a été pris avec un portable dans ses sous-vêtements. Ses neufs voyages entre Paris et La Réunion en 13 mois et les nombreux transferts d’argent mis à jour sur ses comptes bancaires ne plaident pas en sa faveur. Maintien en détention aussi pour El Hadji M’B., Fabrice R. et Zacharia K., tous trois condamnés à quatre ans de prison dont deux avec sursis.
Pas d’appel pour le bras droit
Seul le bras droit de Yannis Bley échappe à l’appel du parquet. Sans doute parce que Christian Mbong Mouang, récidiviste comme son mentor, a été condamné comme lui à six ans de prison ferme par le tribunal judiciaire.
Une prévenue sort du lot. Unique dans son genre, elle est attendue au procès du mois de janvier pour avoir elle-même interjeté appel de son jugement. Il s’agit d’une des compagnes de Yannis Bley, condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis probatoire. Une peine aménageable. Pour l’heure, Anaïs H. est donc venue à l’audience, libre de ses mouvements.


