Terrains cédés à la CCIR : vive passe d’armes au conseil municipal des Avirons

Aux Avirons, la cession de deux parcelles communales à la CCIR a suscité une vive polémique lors du conseil municipal du 18 juillet. Le groupe d’opposition emmené par Nadia Roche Lesquelin dénonce une vente précipitée et opaque, tandis que le maire Éric Ferrère assume une décision inscrite depuis 2020 dans la stratégie de développement de la commune. Thierry Robert, présent, a perturbé la séance pour une étonnante raison.
Le projet de cession de deux terrains communaux à la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR), situé en plein centre-ville des Avirons, a cristallisé les tensions vendredi 18 juillet au conseil municipal. La vente, au prix de 430.000 euros hors taxes, a été vivement contestée par le groupe d'opposition « Ensemble, pour Les Avirons », fondé par Nadia Roche Lesquelin, ancienne adjointe du maire Éric Ferrère, évincée de la majorité en mars dernier.
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Une démarche « précipitée et opaque », selon l’opposition
Pour Nadia Roche Lesquelin, désormais cheffe de file de l’opposition et candidate déclarée aux prochaines municipales, la méthode interroge. « Aucun appel à projet, aucun autre opérateur n’a pu se positionner », regrette-t-elle. Selon elle, la cession s’est faite « sans cohérence, sans cadre clair, sans consulter les citoyens ».
Elle assure que son groupe n’est « pas contre l’activité économique », mais dénonce « une vente pure et simple, sans condition de résultat » d’un foncier « rare et précieux » en cœur de ville. « Vendre, c’est dilapider notre avenir. Nous devons rester propriétaires, rester stratèges de l’intérêt général », plaide-t-elle.
Une autre élue de l’opposition a également exprimé ses craintes sur une éventuelle spéculation à long terme, en soulignant que « personne ne pourra empêcher la CCIR de revendre le bien quand il vaudra 6 ou 7 millions d’euros. C’est un peu bradé », a-t-elle déclaré.
Le maire assume un « acte cohérent » et « inscrit dans la stratégie territoriale »
Face aux critiques, le maire Éric Ferrère a défendu une décision « cohérente », intégrée selon lui depuis 2020 dans le projet de territoire porté par la municipalité et inscrit dans le programme « Petites Villes de Demain ». Il a rappelé que ce projet avait déjà été voté à plusieurs reprises, notamment lors des conseils municipaux du 1er décembre 2023 et du 1er mars 2024, en présence des élus désormais dissidents. « Vous étiez là à ces deux moments clés, vous les avez votés. C’est incohérent aujourd'hui de vous entendre rejeter ce projet », a-t-il lancé.
Christelle Éthève-Vadier, adjointe au maire, a tenu à rappeler que le projet avait été discuté dès décembre 2023 et voté à l’unanimité. Elle a précisé qu’un appel à projets avait bien été envisagé mais qu’une analyse technique avait révélé des contraintes, notamment en matière d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, rendant difficile l’accueil de commerces sans travaux importants. « Un partenariat avec la CCIR a donc été jugé plus efficace et structurant pour l’économie locale, sans frais engagés pour la commune. »
Sur le fond, le maire réfute toute idée de spéculation : « Ce n’est pas un jeu de Monopoly, ce n’est pas une opération spéculative. » Pour lui, la cession n’est pas une vente de convenance, mais une stratégie assumée : « Il s’agit de confier à un service public, la CCIR, le développement économique sur un espace jusqu’ici vacant. » Rappelant au passage que la commune n'a pas de compétence en matière de développement économique, contrairement à la CCIR.
Il a précisé que la commune conserve son droit de préemption, ce qui permettra à la municipalité de garder un levier d’action si le bien devait être revendu. Il a également souligné que le patrimoine foncier de la commune était passé de 7,43 millions d’euros en 2020 à 13,73 millions aujourd’hui, preuve selon lui que « le patrimoine n’a jamais été aussi bien géré ».
La vente a été adoptée. Reste à savoir si le débat aura un prolongement dans les mois à venir, alors que la campagne municipale se profile déjà aux Avirons.
Alors que les débats tendus avaient lieu entre le maire et l'opposition, de l'agitation a perturbé la séance. Il s'agissait de Thierry Robert qui se disputait avec une personne présente. L'ancien maire de Saint-Leu filmait la séance et une personne ne voulait pas apparaître dans la vidéo, provoquant une altercation entre les deux.


