Tentative de meurtre et bidon d’essence : Jean-Alain Issarambé condamné à 22 ans de réclusion criminelle

Sur les bancs de la cour d'assises, Jean-Alain Issarambé est jugé en appel pour avoir tenté de mettre fin aux jours de sa compagne, en 2022. Déjà condamné en première instance, l'homme écope aujourd'hui d'une peine de 22 ans de réclusion criminelle.
Après deux jours de procès, les jurés ont dû rendre leur verdict concernant le cas de Jean-Alain Imary Issarambé. L'homme, de nouveau face à la justice, est accusé d'avoir, en août 2022, tenté de tuer sa compagne de l'époque. Pour rappel, l'homme a écopé de 20 ans de réclusions criminelles en première instance.
Ce lundi 29 septembre, dernier jour du procès de Jean-Alain Imary Issarambé, a été en grande partie occupé par les questions adressées à l’accusé. Sans surprise, ce quinquagénaire maintient sa version des faits : il ne voulait pas attenter à la vie de son ex-compagne.
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Pour rappel, celui-ci, à la sortie du domicile de son oncle à Saint-Denis, s’était saisi de la victime en lui faisant une clé de bras. Jean-Alain Imary Issarambé a alors tenté de lui administrer un coup de couteau. Son ex-compagne doit son salut au frère de l’agresseur et à leur propre fils, qui ont immédiatement réagi pour arrêter le geste de Jean-Alain. Peu après, il a pris la direction du Port pour mettre le feu, à l’aide d’un bidon d’essence, à la maison conjugale. Il sera finalement maîtrisé sur place et interpellé.
Une version contestée
À l’en croire, le soir des faits, au moment où il saisit son ex-compagne par le cou tout en la menaçant d’un couteau, c’était pour se protéger. D’après lui, des dalons du fils de la victime auraient tenté une embuscade. C’est en se défendant que sa compagne aurait reçu le coup de couteau.
Le bidon d’essence dans sa voiture ? Jean-Alain explique qu’il devait participer à une sortie de pêche le lendemain. La tentative de brûler la maison de son ex-compagne ? Là encore, l’homme avance une explication : il voulait tracer une ligne de feu pour se protéger d’un des amis de son fils, prévenu par ce dernier que Jean-Alain se trouvait au domicile conjugal.
Cependant, tout au long de son interrogatoire devant la cour d’appel d’assises de Saint-Denis, l’homme n’a cessé de contredire la version des différents témoins. Autre passage qui met en doute la sincérité de ses déclarations : lorsque le président de la cour l’interroge sur une précédente affaire.
Le magistrat lui demande de s’expliquer sur sa condamnation pour violences, survenues en 2017, contre son ex-compagne. Jean-Alain Issarambé soutient mordicus qu’il n’a jamais été condamné pour cela. Cependant, les écrits restent…
Pas moins de 20 ans
En entamant son réquisitoire, le ministère public, ici représenté par la procureure de la République Véronique Denizot, rappelle une réalité glaçante : l’année où les faits se sont déroulés, 122 femmes sont tombées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en France. Un féminicide qui, dans ce dossier, a pu être évité, mais qui n’enlève en rien « la gravité des faits ».
Ainsi, elle souligne devant la cour les multiples contradictions de Jean-Alain Imary Issarambé et ses nombreuses condamnations. L’annonce de la séparation de l’accusé et de sa compagne aurait été le déclencheur du passage à l’acte. L’avocate générale insiste : tous les « ingrédients » sont réunis pour la qualification de tentative de meurtre, et c’est l’intervention d’un tiers qui a permis d’éviter le pire.
En ce sens, « pas moins de 20 ans » de réclusion criminelle sont requis à l’encontre de Jean-Alain Imary Issarambé.
La cour d’appel d’assises est finalement allée plus loin dans sa décision, en condamnant Jean-Alain Imary Issarambé à 22 ans de prison, assortis d’une sûreté aux deux tiers, ainsi que d’une interdiction de port d’arme pendant dix ans.


