Tamatave balayée par Gezani : l’un des impacts les plus violents depuis des décennies, nouveau bilan de 20 morts

La violence redoutée s’est confirmée. Mardi, le cyclone tropical intense Gezani a frappé de plein fouet la côte Est de Madagascar, avec un impact direct sur Toamasina, également connue sous le nom de Tamatave. Selon Météo France Réunion, la ville a été touchée par la partie la plus intense du système, le mur de l’œil, synonyme de rafales maximales et de pluies diluviennes.
Le dernier bilan officiel ce mercredi après-midi fait désormais état de 20 morts après le passage du cyclone sur Madagascar, selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Le phénomène, qui a frappé plusieurs régions de la Grande Île ces derniers jours, a provoqué d’importantes inondations, des glissements de terrain et des dégâts matériels considérables. Des milliers de personnes ont été affectées, certaines contraintes de quitter leur domicile face à la montée des eaux et aux habitations fragilisées.
Les opérations de secours se poursuivent dans les zones les plus touchées, où les équipes tentent d’acheminer vivres, eau potable et matériel de première nécessité. Les autorités redoutent une aggravation du bilan, alors que des routes restent coupées et que plusieurs localités demeurent difficiles d’accès. Une phase d’évaluation des dégâts est en cours afin d’organiser la réponse humanitaire et la reconstruction.
Les vents, estimés jusqu’à 250 km/h en mer avant l’atterrissage, ont provoqué des destructions majeures. « C’est monstrueux. Tout est dévasté », a confié un habitant aux médias locaux. Il évoque des toitures arrachées, des murs d’enceinte effondrés, des quartiers résidentiels submergés. « Même dans les zones où les maisons sont en dur, les dégâts sont impressionnants », poursuit-il.
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Le centre météorologique n’exclut pas que l’impact sur le secteur de Tamatave puisse figurer parmi les plus intenses observés à l’ère satellitaire dans cette région, certains spécialistes évoquant une comparaison possible avec le cyclone Geralda, qui avait fait au moins 200 morts et près de 500.000 sinistrés en février 1994.
Des quartiers détruits à près de 100 %
Les premiers bilans locaux font état d’un désastre étendu. Dans le quartier côtier d’Ampanalana, le président du fokontany affirme que la zone a été détruite presque intégralement. Sur environ 900 habitations recensées, seules quelques dizaines auraient résisté, principalement des constructions en dur. La majorité des maisons, souvent en tôle ou en feuilles de ravinala, n’ont pas tenu face aux rafales.
Lorsque le deuxième mur du cyclone a balayé la ville en soirée, la situation s’est encore aggravée. De nombreux habitants, déjà privés de toit après le premier passage, se sont retrouvés totalement exposés. Les sites d’hébergement d’urgence eux-mêmes ont subi des dégâts, contraignant des familles à rester à proximité de leurs maisons détruites pour tenter de sauver quelques effets personnels.
Les appels à l’aide se sont multipliés au cœur de la nuit. Une mère de famille raconte s’être réfugiée sous une table avec son bébé alors que sa maison était éventrée par le vent. D’autres témoignent d’étages laissés à ciel ouvert et de rez-de-chaussée envahis par les eaux en quelques heures.
Secours débordés, ville plongée dans le noir
L’électricité a été coupée dès le début d’après-midi, plusieurs heures avant l’impact maximal. Toamasina est restée plongée dans l’obscurité, compliquant l’évaluation précise des dégâts. Les équipes de secours et les forces de l’ordre ont été rapidement débordées face à l’ampleur des destructions. Des responsables locaux ont appelé les habitants disposant encore d’un abri à accueillir les familles sinistrées. Certains hôtels ont ouvert leurs portes.
Le BNGRC a indiqué que les opérations de secours étaient en cours, dans un contexte particulièrement tendu. Les autorités redoutent un bilan humain lourd, même si aucun chiffre consolidé n’était disponible dans l’immédiat.
Traversée de la Grande Île et nouvelle menace
Affaibli au contact des terres, Gezani a été rétrogradé au stade de tempête tropicale, mais doit traverser Madagascar d’est en ouest, en passant au nord d’Antananarivo, avant de ressortir dans le canal du Mozambique. Les prévisions laissent entrevoir une possible réintensification au-dessus des eaux chaudes, avec une nouvelle menace pour l’Afrique australe.
Face à la situation, les autorités ont suspendu les cours dans plusieurs régions et décrété une journée chômée. Le colonel Michaël Randrianirina, arrivé au pouvoir en octobre dernier, avait annoncé ce matin son déplacement à Toamasina pour se rendre auprès des populations touchées. Des images diffusées par la présidence au cours de la journée montrent le nouvel homme fort du pays marchant dans les rues dévastées de la cité portuaire.

Pour la région d’Atsinanana, l’heure est désormais au décompte. Après une nuit de chaos, la priorité reste la mise à l’abri et l’assistance aux milliers de sinistrés. Reste à mesurer l’ampleur réelle des pertes humaines et matérielles, dans une ville qui se réveille meurtrie par l’un des cyclones les plus violents de ces dernières décennies.


