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St-Paul: Les riverains de la baie partagés entre habitude et inquiétude

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 31 janvier 2013 à 16H13

Gamède est toujours dans les mémoires. Les riverains les moins anciens dans le quartier de la baie Saint-Paul sont les plus inquiets. C'est le cas de Laurence qui reste stupéfaite de l'amplitude des vagues: "Je n'étais pas restée dans la maison durant Gamède mais j'ai vu le résultat le lendemain. Ca y ressemble beaucoup cette fois-ci. Dumile a enlevé la moitié de la plage. Celui-ci n'est qu'à 500 km et il touche déjà les clôtures".

Dans la nuit, les vagues les plus fortes ont même charrié quelques galets sur la chaussée de la rue de la baie, ou encore du sable dans les piscines. Sandrine, installée ici depuis peu, redoute ce premier face à face. "Je ne sais pas ce qu'on va faire", hésite-t-elle. Aucun des habitants rencontrés n'envisage publiquement d'abandonner maison et biens pour la nuit. "On ne va pas se débiner. On va affronter les éléments", se rassure comme elle peut Laurence. Pourtant...

Les anciens rassurent les plus jeunes

"Si ça devient trop important, il est évident qu'on restera pas là", admet Franck, propriétaire depuis six mois d'un meublé acquis en pleine connaissance des risques. "Dans le quartier, toutes les maisons sont construites en mur anti-cyclonique. Les maisons ont 50 ans, elles n'ont jamais bougé. Quand les anciens d'ici s'inquiéteront, alors on s'inquiétera aussi", se rassure-t-il, après avoir échangé avec un voisin présent depuis... 50 ans.

"Les vagues n'iront pas plus loin que ça", juge Dominique Lucas, le gérant du restaurant "le Grand Baie", à deux pas du cimetière marin. "J'ai planté des arbres, des plantes devant le restaurant, ça retient la terre", explique-t-il, regrettant au passage que la mairie n'ait pas prolongé les installations en fascines qui font face au cimetière. Elles ont le mérite de retenir la terre. Toutes les 15 minutes environ, une vague plus importante s'amuse à glisser jusqu'à la base de sa cour.

Quitter ou pas son domicile, la question taraude de nombreux propriétaires même si elle est difficile à évoquer publiquement. "Nous allons évaluer la situation et passer dans les habitations", nous affirmait ce matin l'élu Emmanuel Séraphin. Pendant notre tournage, les gendarmes ont encore été contraints d'utiliser leur mégaphone pour rappeler à la vigilance des enfants qui s'aventuraient sur le sable noir de la baie. Les prochaines heures livreront leur verdict quant à la certitude de certains riverains, aguerris face aux nouveaux arrivants.

 

St-Paul: Les riverains de la baie partagés entre habitude et inquiétude

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