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St-Leu : Des photos de ses proches nues et des images pédopornographiques retrouvées dans un disque dur externe

À la barre du tribunal correctionnel, Fabrice reconnaît les faits de détention d'images présentant un caractère pornographique de la fille de sa compagne de l'époque ou encore les photos et vidéos de ses ex et des sœurs de l'une d'elle... Mais l'enregistrement d'une conversation vidéo immonde qu'il a eue avec un autre homme sur une enfant de 10 ans tout en se masturbant ne laisse plus de doute sur la dangerosité de ce musicien.

Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 06 mars 2024 à 06H00

Comment se douter que derrière l’homme posé, sûr de lui, soigné, se cache un prédateur sexuel ? Pour les parties civiles, à n’en pas douter, Fabrice présente ce profil qu’une expertise psychiatrique plus poussée aurait permis de davantage appréhender.

Cette fois-ci, Fabrice entre à nouveau sur les radars de la justice par une plainte qui est portée par sa compagne de l’époque. Fabrice est en déplacement hors département et en rangeant ses affaires, elle tombe sur un disque dur externe. Pensant d’abord à trouver les preuves d’une infidélité, elle y découvre des images d’elle et de sa fille dans leur intimité dans la salle de bain.

Fort heureusement, ce sont les gendarmes qui découvriront l’ensemble du contenu ignoble de ce disque dur qu’elle apportera d’elle-même, emplie de courage, aux forces de l’ordre.

Ces derniers extraient de nombreuses photos et vidéos de femmes, la plupart du temps nues ou en maillot de bain. Des images captées à leur insu.

Y figure également l’enregistrement d’une conversation vidéo avec un autre homme qui n’a pas été identifié. Fabrice et lui tiennent des propos infâmes sur la photo d’une fillette de 10 ans que l’homme dit être sa fille. Le tout en se masturbant. « J’ai vraiment honte de cette pratique inacceptable pour un homme », répond Fabrice, le discours parfaitement rodé. Sur les enregistrements des moments d’intimité violés, Fabrice « demande pardon d’avoir volé leur image sans leur consentement ».

Dénoncé une première fois

L’homme, guitariste de 50 ans, a pourtant déjà été condamné pour des faits similaires en 2012. Il détenait des images volées de la mère de ses deux enfants et des images pédopornographiques, « mais pas de ses filles », assure-t-il.

Son obligation de soin, Fabrice ne l’a pas poursuivie. « Je pensais m’en sortir tout seul, je n’en ai pas pris la pleine conscience ». Le jeune quinquagénaire n’a d’ailleurs repris un parcours de soin que quelques jours avant ce procès. L’attitude de Fabrice ne convainc personne dans le prétoire. « Je ne suis pas sex addict. J’ai été attiré par des images de mineurs mais je ne passerai jamais à l’acte, j’en suis convaincu », explique Fabrice.

« Aujourd’hui encore, un discours très limité et superficiel », regrette Me Jérôme Maillot pour les intérêts de l’ex-compagne qui a porté plainte et de sa fille de 16 ans. Par « choix de survie », mère et fille ont décidé de quitter l’île, face à « un caméléon qui dissimule son visage de prédateur sexuel ».

« Il n’a pas simplement volé l’intimité, il l’a violée dans tous les domaines de la vie : au sein de la maison, dans le couple (…). Cela suscite non seulement de la peur mais aussi de l’effroi« , pointe Me Gislain Chung to Sang, en soutien de celle qui a partagé la vie de Fabrice durant 7 ans, et des sœurs de celle-ci.

Un « sentiment de dégoût »

Le parquet s’est accordé aux parties civiles pour souligner l’inquiétante personnalité de Fabrice. « Il a du mal à ne serait-ce que reconnaître que c’est lui qui plaçait les enregistreurs ».

Cette affaire laisse un « sentiment de dégoût, d’échec et de gâchis », n’a pas mâché ses mots l’avocat du prévenu, Me Farid Issé. « Après déjà une condamnation, il y a une réitération des faits abjects concernant des mineurs et des personnes de son entourage », plaide la robe noire qui évoque d’ailleurs la castration physique instaurée récemment à Madagascar pour les auteurs de viol contre des mineurs. « Ce n’est pas en prison qu’il va guérir. La peine doit être aménageable pour qu’il y ait un sens pour lui ».

Fabrice ira en prison, décide finalement la justice. « Vous devez montrer que vous êtes le moteur de vos soins », explique la présidente du tribunal. Un an de prison assorti de 5 ans de suivi socio-judiciaire composé de l’obligation de soins, de travailler et de réparer les dommages causés aux victimes. Fabrice a également l’interdiction d’exercer une activité en lien avec des enfants durant 10 ans et son nom figure à nouveau sur le FIJAIS (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles).

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