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St-Denis : Les parents dépassés frappent leur garçon avec le tuyau d'arrosage

Le père et la mère minimisent les coups portés régulièrement à leur marmaille de 12 ans avec une ceinture. Mais les constatations médicales sont sans appel. Un jour de février 2020, ils se sont, chacun à leur tour, particulièrement acharnés à cause d'un "trop-plein". Si la famille semble désormais réunie, les prévenus ont tout de même été condamnés ce vendredi. Le père est derrière les verrous pour d'autres faits de violences.
Ecrit par I.S. – le samedi 2 mars 2024 à 09H25

Enzo* est assis dans la salle d'audience du tribunal correctionnel. L'air renfrogné, il reste imperturbable lorsque ses deux parents sont appelés à la barre. Il refuse de venir lui-même témoigner des violences qu'il a subies en février 2020 alors qu'il avait 12 ans. Des faits fort lointains, la faute à une enquête "laissée en sommeil pendant 2 ans" et reprise seulement en janvier 2023. On passe sur le sens que ce délai peut avoir pour les auteurs et les victimes. Le tribunal n'est pas là pour épiloguer sur le sujet.

"Aujourd'hui, je suis fier de lui", déclare le père, 40 ans, actuellement incarcéré. Condamné pour des violences, le quadragénaire n'a pas réglé les 90 jours-amende qui lui ont été infligés. Au côté de son épouse avec qui il partage 28 ans de vie commune et quatre enfants, il n'a pas l'air de se rendre compte de la violence des coups qu'il a portés à son deuxième fils en rentrant du travail. Soulevé par le cou, jeté par terre puis à nouveau attrapé par le short et balancé au sol, le jeune a reçu des coups de ceinture, trois coups de poing et des coups de latte de sommier et de chargeur d'ordinateur. Vers 16 heures, la mère, 37 ans, titulaire d'un CAP petite enfance, prend le relais et frappe avec un bout de tuyau d'arrosage sur tout le corps ainsi que sur la joue.

La jeune victime se verra décerner 10 jours d'ITT . Malgré les cicatrices, les ecchymoses nombreuses ainsi que les dermabrasions décrites dans le rapport du service de médecine légale du centre hospitalier de Saint-Denis, les parents minimisent. "C'est un trop-plein", justifie la mère qui en avait assez du comportement "difficile" de son fils et des parents qui, régulièrement, l'apostrophaient pour s'en plaindre. Se confiant à un de ses professeurs de collège, Enzo avait été entendu par les forces de l'ordre puis placé pendant une quinzaine de jours dans une famille d'accueil avant de regagner son foyer.

"Même s'ils ne sont pas poursuivis pour cela, j'estime qu'Enzo était frappé à la ceinture régulièrement", pointe l'avocate du mineur. Interrogés par le représentant de la société qui n'hésite pas à parler d'un enfant "fracassé", les prévenus reconnaissent qu'eux aussi ont été "élevés" à la ceinture. Pas une raison pour reproduire le même schéma, fustige le parquet qui requiert 12 mois de prison avec sursis probatoire pour le père et 6 mois avec sursis probatoire pour la mère. Tous deux devront suivre un stage de responsabilité parentale même si les faits ont été commis il y a quatre ans...

Le tribunal a suivi ces suggestions. La famille désormais réunie est rentrée chez elle bras dessus bras dessous.

*Prénom d'emprunt

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