St-Benoit : Face à une opposition remontée, la majorité met en avant sa "sérénité"

Tout a commencé lors de la présentation de l'affaire n°83, à savoir le retrait de la nomination de Patrice Ellama, élu de la majorité, au poste de déontologue des conseillers municipaux. Le service de légalité de la préfecture a en effet poussé le maire et ses équipes à revoir leur copie. En effet, le déontologue désigné ne doit en aucun cas exercer un mandat d'élu local au sein des collectivités où il est désigné, ne pas avoir exercé de mandat d'élu local depuis au moins trois ans, et enfin, ne doit pas être agent de la collectivité concernée pour ne pas se retrouver en situation de conflit d'intérêts avec celle-ci.
Une incohérence soulevée par Philippe Le Constant pour qui "il était évident qu'on ne nomme pas un élu de la majorité à ce poste". Au vu des affaires qui collent aux basques de la Cirest (Cirest, affaire Estival, fiscalité, Rema...L'opposition bénédictine n'épargne pas Patrice Selly), dont le maire Patrice Selly est président, l'opposant a demandé à ce dernier "si un déontologue avait été nommé à la Cirest" afin, dit-il, "d'éviter les graves dérives de ces dernières semaines". La réponse du maire ne s'est pas fait attendre : "On est au conseil municipal de Saint-Benoit, le prochain conseil de la Cirest est fixé au 17 octobre prochain".
"On ne vote que sur des mots"
Mais c'est bien sur la délibération autour du NPNRU et notamment de l'approbation du programme technique détaillé et du lancement du concours de maîtrise d'œuvre pour la construction de l'école élémentaire Les Girofles que les esprits se sont particulièrement échauffés. Un programme technique dont les membres de l'opposition disent ne pas avoir vu la couleur. Face au refus du maire de retirer cette délibération, Jean-Luc Julie et Philippe Le Constant n'ont pu cacher leur incompréhension. "On ne peut pas voter sur des mots", a fait valoir Philippe Le Constant à Patrice Selly. Face à l'entêtement de l'opposition, l'édile bénédictin a tenu à faire un bref historique : "Notre équipe veut tirer les enseignements du passé, notamment sur l'état extrêmement dégradé du bâti scolaire. Les Bénédictins savent que cette municipalité n'est pas à l'origine de cette dégradation (...) Vous demandez des documents dont on vous dit qu'ils sont à la mairie mais vous ne venez jamais les récupérer", a répliqué le maire aux deux opposants. Le souci, et après renseignement pris par le maire avec ses services, le fameux programme détaillé est bien disponible mais non pas en mairie mais à la Cirest...
De quoi redonner du grain à moudre à Philippe Le Constant : "Excusez-moi, mais vous avez des élus qui siègent dans d'autres assemblées et à aucun moment on dit aux élus d'aller se renseigner eux-mêmes dans les services. On ne vote pas sur des mots", peste l'opposant qui dénonce l'attitude du maire, lui reprochant notamment un double discours sur la Cirest. "Quand ça vous arrange, vous nous renvoyez à la Cirest", a-t-il envoyé au maire.
"Cette absence de sérénité n'est pas du côté de la majorité"
Visiblement plus taquin qu'à son habitude, pour ne pas dire agacé, Patrice Selly a malgré tout bénéficié du soutien des élus de sa majorité. Notamment de son adjointe déléguée au développement du territoire, Monique Tacoun-Marimoutou, qui a défendu avec ardeur l'action municipale. Elle a notamment reproché à Jean-Luc Julie "de tout mettre sur le dos du maire" alors qu'il avait rejoint Patrice Selly sur les bancs de l'opposition lors de son départ de la majorité de Jean-Claude Fruteau en 2017. "Je constate que l'atmosphère n'est pas sereine ce soir. Cette absence de sérénité n'est pas du côté de la majorité", a-t-elle tout de même assuré.
C'est lors de la prise de parole de l'élue qu'une passe d'armes a eu lieu entre Jean-Luc Julie et une élue de la majorité, Christelle Hoareau. Le premier souhaitait répondre à Monique Tacoun-Marimoutou mais aurait malencontreusement eu un mot déplacé envers Christelle Hoareau, provoquant la colère du maire, qui a accusé Jean-Luc Julie d'avoir insulté l'élue. Un incident qui a provoqué une suspension de séance de quelques minutes, le temps de faire redescendre la pression. La suite du conseil s'est ensuite déroulée sans accroc mais les postures des uns et des autres montrent clairement que la sérénité mise en avant par les différents protagonistes n'est pas aussi certaine qu'annoncée.


