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SPL Estival : "Nous sommes en capacité de maintenir tous les emplois au sein de l'entreprise"

À moins d'une surprise de dernière minute, l'accord entre l'intersyndicale et la direction de la SPL Estival devrait être entériné ce jeudi. Le président par intérim de la SPL, Patrice Selly, a confirmé dans la proposition de la direction le zéro licenciement réclamé par les grévistes, ainsi qu'une harmonisation des coefficients de la grille salariale. "Grâce au plan qui sera présenté, nous sommes en capacité de maintenir tous les emplois", assure-t-il.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le jeudi 14 décembre 2023 à 06H56

Pour rappel, la SPL avait été placée en redressement judiciaire en août dernier avec près de 3  millions d’euros de dettes et des pertes mensuelles avoisinant les 75.000 euros contre 110.000 euros initialement. "L'administrateur judiciaire, en lien avec la directrice générale de la SPL, ont rapidement identifié les pistes d'économies à travers notamment la résiliation d'un certain nombre de contrats qui n'étaient pas forcément utiles à la bonne poursuite de l'activité de l'entreprise. Ces premières économies se sont chiffrées à hauteur d'une quarantaine de milliers d'euros", indique Patrice Selly.

Parallèlement à ces pistes d'économie, la direction de la SPL avait également tenté de présenter le 2 novembre dernier un plan de sauvegarde de l'emploi qui prévoyait la suppression de 17 emplois et la recréation de 13 autres, ainsi qu'une baisse des salaires pour une soixantaine d'agents de la SPL. Un plan qui a poussé une bonne centaine de grévistes à une grève illimitée, ces derniers reprochant à la direction de la SPL les dérives de l'ancienne présidence ayant mené la structure au point de (quasi) non-retour.

Après des semaines de conflit, marqués par des moments particulièrement tendus comme lors de la réunion des maires du 15 novembre dernier, le dialogue a finalement été renoué entre la direction de la SPL Estival et l'intersyndicale, sous l'égide de la direction du travail. Une reprise des discussions qui a permis aux deux parties de rétablir un dialogue social et d'échanger sur les différents points d'accord et de désaccord, "ainsi qu'un climat de discussion apaisé", poursuit le président par intérim de la SPL. Un retour au calme qui a permis aux deux parties d'enchaîner plusieurs réunions, la direction indiquant au passage qu'elle a donné une suite favorable à un certain nombre de demandes formulées par l'intersyndicale, notamment la possibilité pour cette dernière de se faire accompagner par un cabinet d'experts. Ce cabinet s'est vu remettre la quasi-intégralité des éléments de ce dossier pour pouvoir accompagner au mieux l'intersyndicale sur des propositions d'économie, à la fois sur les dépenses courantes et diverses mais aussi sur le volet de la masse salariale.

 

"Pas dans les effets d'annonce mais dans le travail constructif"

 

Ces derniers jours, une autre réunion s'est tenue où l'intersyndicale a formulé une proposition qui était censée elle aussi aboutir au fameux objectif de zéro licenciement. Patrice Selly assure qu'il n'est "pas personnellement opposé" à l'objectif de zéro licenciement mais que "personne ne pouvait nier que l'objectif du zéro licenciement ne pouvait être atteint que si des sacrifices n'étaient pas consentis par une bonne partie du personnel de la société". "Nous avons étudié cette proposition et il nous est apparu qu'elle ne comportait pas un certain nombre d'aspects, notamment la nécessité d'une harmonisation au niveau des postes ou de justice sur la question des baisses de salaires (...) Grâce au plan que nous allons présenter, nous sommes en capacité de maintenir tous les emplois au sein de l'entreprise", assure-t-il, sous réserve de l'acceptation des modifications de contrats de travail qui seront faites aux salariés concernés.

Si cette proposition été rendue possible pour la direction, c'est notamment grâce à l'effort supplémentaire fait par la Cirest envers la SPL, en abondant sa contribution forfaitaire de 800.000 euros supplémentaires dès 2024, et de 300.000 euros au titre du réabondement des fonds propres. Malgré tout, "il faudra que chacun consente à faire des efforts, parfois des sacrifices en ce qui concerne la partie rémunération", concède la direction. Outre la question salariale, la direction proposera également un volet reclassement "pour éviter d'avoir à recruter de nouveaux postes" notamment sur la partie conducteurs de bus.

Au vu des travaux engagés, il ne fait aucun doute pour la direction d'Estival de sortir la société de ce bourbier.  Le tout "sans le soutien d'autres collectivités" glisse Patrice Selly, comme la Région Réunion "qui détient 5% du capital de la SPL" : "Certains sont même venus parader dès le premier jour de grève en revendiquant leur proximité avec la collectivité régionale pour un résultat final obtenu par ces élus égal à zéro". "Je n'ai pas voulu être dans les effets d'annonce mais dans le travail constructif", poursuit-il, rendant au passage un vibrant hommage à la directrice générale d'Estival, Claude-Anne Cambronne, "qui avec la DRH a réalisé un travail monstrueux malgré les menaces et les insultes reçues que je condamne". Des remerciements qu'il adresse également à chaque salarié de la SPL Estival ("C'est grâce aussi à leur professionnalisme que nous avons atteint cette étape cruciale") sans oublier les élus communautaires de Bras-Panon, Salazie, Sainte-Rose, Saint-Benoit et de la Plaine-des-Palmistes, "qui nous ont accompagné dans les échanges avec l'intersyndicale".

Reste désormais à faire valider dès aujourd'hui ce projet par l'intersyndicale qui pourrait se matérialiser par un protocole d'accord. Cet accord collectif devra ensuite être soumis à la direction du travail, avant un nouveau point d'étape devant le tribunal de commerce fin février. La perspective d'adoption d'un plan de continuation est elle attendue à l'échéance mai 2024.

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