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Soudeur ébouillanté à la Sucrerie de Bois-Rouge : l’usine relaxée, les sous-traitants condamnés

Ecrit par E.L – le vendredi 20 mars 2026 à 16H47
L'accident du travail s'est déroulé à la Sucrerie de Bois-Rouge

En novembre 2022, un soudeur avait été grièvement brûlé pour un jet d’eau bouillante à l’usine sucrière de Saint-André. Cette dernière a finalement été relaxée. L’employeur de la victime et le sous-traitant ont été condamnés ce vendredi.

Le parquet de Saint-Denis se donne le temps de la réflexion pour savoir s’il fait appel de la relaxe de Sucrerie de Bois-Rouge (SBR) contre laquelle la représentante du ministère public avait requis 75.000 euros d’amende dont 40.000 avec sursis pour exécution de travaux sans plan de prévention des risques et sans transmission d’information sur l’intervention à l’entreprise sous-traitante et aux salariés chargés des travaux. Poursuivie en sa qualité de personne morale, SBR avait aussi à répondre de blessures involontaires avec une ITT supérieure à trois mois dans la mesure où le soudeur blessé avait été brûlé sur 20% du corps.

Lire aussi : Soudeur ébouillanté à la Sucrerie de Bois-Rouge: "une succession de négligences"

Toujours selon le délibéré rendu ce vendredi, les deux autres prévenus dans cette affaire d’accident du travail ont bel et bien été condamnés par le tribunal judiciaire. Le sous-traitant de SBR a écopé de 1.000 euros d’amende avec sursis. Quant au patron du soudeur, il est condamné à six mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende. Il faut dire que celui-ci était en outre suspecté de travail dissimulé pour avoir fait intervenir la victime chez SBR à plusieurs reprises sans être déclarée et sans lui avoir livré d’informations particulières qui aurait peut-être permis d’éviter le drame.

« Quand j’ai enlevé mes vêtements, j’ai la peau qui partait avec »

Les faits s’étaient produits le 20 novembre 2022 lors d’opérations de maintenance menées le dimanche, quand l’usine est à l’arrêt. Le soudeur est présent sur le site à la demande de son employeur, lui-même sollicité par un sous-traitant de Sucrerie de Bois-Rouge. Manifestement, la chaîne sécuritaire et informationnelle qui aurait dû mettre à l’abri l’employé a été quelque peu défaillante.

L’intervenant cherche à remplacer un tuyau défectueux placé en hauteur, au-dessus d’une cuve. Si l’électricité a été coupée, il semble que la purge du conduit sur lequel il intervient n’a pas été efficace. Comme les boulons du tuyau sont rouillés, l’homme entreprend de les couper pour les remplacer. En fait, il y a de l’eau bouillante sous pression dans la tuyauterie qui se libère sous la forme d’un jet, sans doute contenu par un bouchon qui s'est formé à l'intérieur.

Le soudeur, prisonnier de son harnais, y reste exposé pendant 17 secondes avant d’être mis à l’écart. Ce qui aura pour effet de le brûler sur 20% du corps, entraînant un arrêt de travail de plus de trois mois. « Quand j’ai enlevé mes vêtements, j’ai la peau qui partait avec », a-t-il témoigné. Tout au long du procès, le directeur de SBR, Vianney Taïlamée, l’employeur et le sous-traitant n’ont eu de cesse de décliner toute responsabilité dans la survenue du drame.

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