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Sorti de prison il y a 15 jours, il frappe un policier : retour à la case départ

Mohamed P., 44 ans, a cru bon de vouloir défendre son fils qui venait de se faire interpeller suite à un refus d'obtempérer, le tout, très imbibé d'alcool. Celui qui a porté un violent coup de pied au visage d'un policier retourne d'où il était sorti : la prison.

Ecrit par 1167938 – le mardi 29 novembre 2022 à 11H02

Dans la nuit du 23 au 24 novembre dernier, à Saint-Denis, les policiers de la BAC voient passer un véhicule à vive allure. Ils le suivent sans se signaler dans un premier temps. Alors que le conducteur commet infraction sur infraction, les policiers déclenchent le deux-tons et le gyrophare pour le stopper. Peine perdue car il accélère avant de s’arrêter par la force des choses en heurtant violemment un trottoir. Il est appréhendé mais sous l’effet de l’alcool, refuse de se faire interpeller en se débattant avec vigueur. Les policiers de la BAC sont alors contraints de s’employer à le maitriser. Il est accompagné par son père côté passager qui, très alcoolisé, ne trouve rien de mieux à faire que porter un coup de pied au visage d’un agent qui tient son fils. « Un réflexe de père« , dira-t-il, n’hésitant pas à évoquer la légitime défense. 

Père et fils finissent en garde à vue mais avec des issues bien différentes. Le fils reconnait les faits et justifie ses actes par la peur car il est sous le coup d’une suspension de permis. Le père, c’est une autre affaire. Il est sorti de prison le 5 novembre dernier et le revoilà déjà devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour violence et refus de se soumettre au test de dépistage d’alcoolémie.

À la barre, un moment lunaire se produit lorsqu’il demande à lire un texte qu’il a préparé. La présidente l’y autorise avec bienveillance. Et là, il explique en long, en large et en travers, les maltraitances et les violences policières dont son fils et lui ont été victimes par la BAC ce soir-là. Bien entendu, cela justifie selon lui son coup de pied au visage et les excuses qu’il ne présente pas.

« Cette violence n’était pas un plaisir car les policiers étaient en train de nous frapper. C’était un déferlement de violence, ils nous tapaient à coups de poing et de balayages, je les ai suppliés d’arrêter. Ils n’étaient pas dans un état normal et moi, par malheur, j’étais alcoolisé« , explique le prévenu.

« Il a un fâcheuse tendance à réécrire l’histoire« , fustige le procureur. « Son fils s’explique mais ne parle à aucun moment de violences. Il n’a pas pris de coup, comme en atteste la visite médicale, alors que son violent coup de pied a sonné le policier qui ne s’y attendait pas. C’est quoi ce discours de quelqu’un qui sort de prison il y a 15 jours et qui a 2 ans au-dessus de la tête. Sa position aujourd’hui est consternante, il sait ce qu’il va se passer. Vous avez pris sa tête pour un ballon de football« , tance le parquet qui requiert 3 ans de prison, la révocation d’un an de suris et le maintien en détention. 

« Même si son attitude pose question, il reconnait les faits. Par cette lettre, il voulait donner des explications mais a omis de s’excuser. Il était très alcoolisé le soir des faits, il n’avait pas les idées claires. Il pense voir une interpellation brutale de son fils et il panique. Il a une réaction d’instinct, comme il est menotté, il porte un coup de pied. Tout est très flou dans son esprit, il regrette. Le contexte est à prendre en considération« , plaide la défense.

Le tribunal, estimant que les faits sont graves, condamne le prévenu à la peine de 18 mois de prison, révoque le sursis d’un an et prononce le maintien en détention. 

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